Marchés en Asie: les Bourses hésitent, malgré un reflux du pétrole

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A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé sur un repli de 0,94% à 68.309 points.

Les prix du pétrole refluent vendredi au lendemain d’une forte remontée, ce qui n’a pas empêché les Bourses asiatiques d’évoluer en ordre dispersé au gré d’échanges nerveux avant des chiffres sur l’emploi américain, et sur fond de taux obligataires toujours élevés.

Vers 06h30 GMT, le cours du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre, référence du marché mondial, lâchait 0,54% à 101,74 dollars, restant cependant installé au-dessus des 100 dollars après avoir bondi de plus de 4% la veille.

Le prix du baril de WTI nord-américain pour livraison en novembre cédait 0,72% à 92,19 dollars.

Le marché voyait s’effriter ses gains après sa forte remontée de jeudi, toujours suspendu à l’incertitude sur le conflit au Moyen-Orient et aux inquiétudes sur l’offre de carburants à l’échelle du globe en cas de restrictions des Etats-Unis et de la Chine sur leurs exportations.

Dans ce contexte, tout répit apparaît fragile.

«La prime de risque continue de s’accroître suite aux informations faisant état de l’envoi d’importants renforts militaires américains dans le Golfe», observe Chris Weston, analyste du courtier Pepperstone.

Signe de tensions persistantes : un tanker a été attaqué jeudi pendant qu’il franchissait le détroit d’Ormuz, a rapporté l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, confirmant que le trafic reste très perturbé dans ce détroit stratégique.

Par ailleurs, «la décision de la Chine de réduire ses exportations de produits raffinés», rapportée par des informations de presse, «complexifie encore la situation énergétique, risquant de resserrer les marchés régionaux et d’intensifier la concurrence pour l’approvisionnement», insiste M. Weston.

Au risque de pénaliser les pays fortement dépendants des importations de carburants raffinés, et d’exacerber les tensions sur les prix.

Bourses sous pression

Cette pause du marché pétrolier n’a cependant pas empêché les places boursières d’hésiter, d’autant que les cours énergétiques restent très élevés et que la fièvre sur le marché obligataire peine à retomber.

A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé sur un repli de 0,94% à 68.309 points.

A Séoul, l’indice Kospi a cependant terminé en hausse de 0,46%. Taipei a gagné 0,25%. Et l’indice hongkongais Hang Seng lâchait lui 2,62% vers 06h30 GMT.

Les Bourses de Chine continentale sont fermées pour cause de semaine fériée.

Après la forte hausse de plus de 3% de la Bourse japonaise la veille, dopée par les valeurs tech liées aux puces, «des inquiétudes subsistent quant à une possible surchauffe à court terme», notent les experts de Tokai Tokyo Intelligence.

Dans ce contexte, selon eux, «des prises de bénéfices sont probables».

D’autant que les investisseurs se montraient prudents avant la publication très surveillée plus tard vendredi de statistiques sur l’emploi américain, cruciales pour les anticipations de la politique monétaire.

Répit fragile sur la dette

A contre-courant des marchés obligataires européens, les rendements américains se sont eux détendus de manière inattendue jeudi, avec l’espoir de voir la Réserve fédérale américaine (Fed) repousser une hausse de taux que le marché attendait initialement pour octobre.

Mais le répit pourrait s’avérer précaire : «Le rapport sur l’emploi américain publié ce jour pourrait modifier ces anticipations, bien qu’il faille probablement (pour cela) une conjonction particulièrement marquée de données relatives aux embauches, au chômage et aux salaires», juge M. Weston.

Et les rendements américains restent encore particulièrement élevés -- tout comme ceux de la dette souveraine japonaise, le taux à dix ans s’installant vendredi à 3,078%, à quelques encablures du sommet depuis 1996 atteint la semaine dernière.

Sur le marché des changes, la devise japonaise se renforçait (+0,2%) à 157,75 yens pour un dollar, après avoir décroché la veille face au billet vert.

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