Bank of America plombée par une sanction au troisième trimestre, chute en bourse

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Le chiffre d’affaires progresse modestement entre juillet et septembre pour atteindre 29,96 milliards de dollars (+3,16%) mais le bénéfice net recule de 17,23% à 6,54 milliards de dollars.

L’action de Bank of America a chuté jusqu’à plus de 8% mercredi à Wall Street après l’annonce d’un bénéfice net en recul au troisième trimestre, plombé par une lourde sanction réglementaire pour manquement aux obligations en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.

L’accord conclu avec plusieurs régulateurs financiers américains porte sur une pénalité de plus de 1,2 milliard de dollars, soit 17 cents par action, a précisé la banque.

Le ministère américain des Finances a considéré, dans un communiqué diffusé mardi après la fermeture de Wall Street, que la banque avait «privilégié son chiffre d’affaires» plutôt que de se mettre en conformité avec les procédures imposées par la loi pour éviter les transactions au profit notamment de trafiquants de drogues.

Lors d’une audioconférence mercredi matin avec des analystes, le patron Brian Moynihan et le directeur financier Alastair Borthwick ont tenté de rassurer les marchés, assurant que le volet réglementaire était achevé et que les adaptations en interne seraient bientôt accomplies.

Mais cela n’a semble-t-il pas convaincu: le cours de l’action a accentué ses pertes au fil de la présentation. Vers 16H00 GMT, elle perdait 5,64%.

Côté activité, le chiffre d’affaires a modestement progressé entre juillet et septembre pour atteindre 29,96 milliards de dollars (+3,16%) mais le bénéfice net a reculé de 17,23% à 6,54 milliards de dollars, selon un communiqué de la banque.

Par conséquent, le bénéfice net dilué par action ressort à 91 cents quand le consensus des analystes de Factset attendait 1,10 dollar. Sur la même période un an plus tôt, il était de 1,06 dollar.

«Notre troisième trimestre illustre l’importance d’être une entreprise diversifiée», a commenté M. Moynihan auprès des analystes.

Dents de scie

«Les activités au plus proche des clients (...) ont continué de montrer de la vigueur (...) tandis que le chiffre d’affaires (...) du courtage et de la banque d’investissement a reculé», a-t-il explicité.

Selon lui, «l’incertitude économique ambiante et l’instabilité géopolitique sont toujours présentes mais nos clients continuent de laisser entrevoir de la résilience et une croissance économique aux États-Unis», a relevé M. Moynihan.

La banque a souligné notamment une hausse de 8% de ses revenus nets d’intérêts (NII) - différence entre intérêts perçus sur les opérations des clients et intérêts versés aux épargnants et aux créanciers - grâce principalement à une hausse des encours de prêts et des dépôts ainsi qu’aux activités de marchés.

Rappelant l’objectif fixé en 2025 d’une croissance annuelle des NII de 5% à 7% à moyen terme, relevé courant 2026 à environ +8%, le directeur financier a fait savoir que ce rythme devrait être atteint dès cette année et être maintenu, voire accéléré, en 2027.

Les dépôts en banque de détail ont atteint en moyenne 949 milliards de dollars, enregistrant une «hausse modeste» sur un an mais affichant une progression de 32% par rapport au dernier trimestre pré-pandémie (4e trimestre 2019).

Dans la gestion de fortune et la gestion d’actifs, le chiffre d’affaires a gonflé de 13% à 7,1 milliards de dollars du fait «de valorisations de marchés supérieures, de flux solides d’actifs sous gestion et d’un meilleur NII», a expliqué BofA, dans son communiqué.

En revanche, les activités de marchés ont traversé une passe difficile et leur chiffre d’affaires a reculé passant de 6,22 milliards au troisième trimestre 2025 à 5,87 milliards un an plus tard, soit -6%.

En cause, des ventes et des commissions de courtage moindres ainsi que des commissions inférieures dans la banque d’investissement, a justifié l’établissement. Le segment Fixed income (matières premières, devises et obligations) a plongé, à lui seul, de 17%.

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