Gonet: l'actualité des marchés au 1er octobre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,86%, S&P 500 -0,25%, Nasdaq +0,24%, Russell -0,39%, SOX inchangé, Eurostoxx -0,81%, SMI -0,59%.

 

Au menu de ce jeudi 1er octobre un secteur de la tech potentiellement ragaillardi par les perspectives optimistes annoncées hier soir par Micron, la présentation du projet de loi de finances 2027 par le gouvernement Lecornu (à ce sujet le marché obligataire est déjà dans la salle, assis au premier rang avec pop-corn et lunettes 3D ainsi qu’un gros avertissement lancé à Bercy, l’écart de rendement entre le 10 ans OAT et le 10 ans Bund atteint ce matin 131 points de base). Au programme du jour également le marché obligataire lui-même, sa réaction au PCE américain d’hier (sorti légèrement en-dessous des attentes) a de quoi étonner, le rendement du 10 ans reculant légèrement dans un premier temps, pour rapidement reprendre la direction du nord et coter ce matin à 5,34%. Or donc, si l’inflation semble moins vigoureuse que prévu, message que le PCE nous envoie hier, cela permet en théorie à la Fed de baisser quelque peu sa garde monétaire. C’est l’inverse qui se produit hier, on peut donc se dire que le marché est peut-être en train de modifier son approche à ce sujet, la politique monétaire de la Fed répondant plus à un besoin de contrôler la dynamique de croissance des Etats-Unis plutôt que la hausse éventuelle du niveau général des prix? C’est à suivre, l’avenir nous donnera la réponse comme d’habitude. Et comme chaque jour, sur la carte on retrouve le cours de l’or noir, du billet vert et les déclarations de banquiers centraux.

Micron publie des résultats et des prévisions supérieurs aux attentes, faisant progresser le future Nasdaq100 (NDX) d’environ 0,3% et soutenant les valeurs des semi-conducteurs en Asie. Le Nikkei gagne 3,3% à la cloche et le Kospi 4,48%. Ces annonces confortent les perspectives de demande de mémoires HBM et DRAM utilisées dans l’intelligence artificielle, avec des retombées positives pour l’ensemble de la chaîne des semi-conducteurs, notamment TSMC, Samsung et SK Hynix.

Plus près de nous les obligations d’État françaises restent sous pression malgré une inflation américaine sous-jacente PCE inférieure aux attentes et le repli du pétrole. La présentation du budget français aujourd’hui pourrait accentuer cette fragilité : la trajectoire des finances publiques est particulièrement dégradée, les contraintes politiques compliquent la réduction du déficit et plus de la moitié des investisseurs sont étrangers, exigeant une rémunération accrue pour les risques budgétaires et politiques. L’indicateur de liquidité de Bloomberg se détériore fortement, révélant des écarts inhabituels de rendement entre les obligations françaises et un marché plus vulnérable à des baisses brutales faute d’acheteurs. Le gouvernement vise déjà un déficit d’environ 5% du PIB en 2027, bien supérieur au seuil européen de 3%. Les investisseurs cherchent apparemment surtout des raisons de vendre et pourraient hésiter à revenir avant le débat budgétaire, qui commence le 12 octobre.

On fait un point sur les banques centrales: Christopher Waller, gouverneur de la Fed, doit s’exprimer aujourd’hui sur les données économiques. Neel Kashkari, président de la Fed de Minneapolis, estime hier que l’inflation reste trop élevée et espère la maîtriser grâce à des ajustements modestes, sans annoncer de pause imminente. Donald Trump demande par ailleurs à l’ancien président de la Fed, Jerome Powell, de quitter le conseil des gouverneurs en raison des dépassements de coûts de rénovation du siège, ravivant les inquiétudes sur l’indépendance de la banque centrale. Au Japon, le résumé des opinions de la réunion de septembre de la Banque du Japon ne donne pas de signal clair d’une prochaine hausse des taux, réduisant les anticipations de hausses consécutives et faisant monter le dollar de 0,5% face au yen, à 158,15.

À Wall Street l’indice S&P500 (SPX) n’apprécie guère la remontée des rendements obligataires et subit une pression vendeuse soutenue en fin de séance, clôture au plus bas du jour et très près de sa moyenne mobile à 50 jours (7651 points contre la 50 dma à 7648 pts). Son podium du jour se compose de la tech, de la consommation discrétionnaire et de l’énergie, à noter que seuls les deux premiers cités parviennent à terminer la séance dans le vert, ce qui est confirmé par un breadth nettement négatif et par l’indice S&P500 équipondéré (SPW) qui perd 0,75% contre -0,25% au SPX. Hier la tech est l’arbre qui cache la forêt de vendeurs. La volatilité reste bien faible, le VIX remonte légèrement et clôture à 16,34, tandis que le dollar reste recherché, ce matin la paire EUR/USD cote 1,1318, elle teste son support de 1,1325 (bas de la séance du 24 juin), si elle parvient à le casser ensuite elle fera face à quelques supports plutôt fragiles, le prochain vrai niveau se situant à 1,1111 (50% de retracement Fibonnaci de la hausse de 1,0141 à 1,2081).

L’or résiste plutôt bien à la force du billet vert et à la poursuite de la hausse des rendements obligataires, le métal jaune semble soutenu par les achats persistants des banques centrales et par des chiffres d’inflation plus modérés, qui atténuent les anticipations de hausses de taux les plus fortes de la Fed. Selon les données du CME, le volume des échanges d’options sur l’or est resté globalement stable en septembre, tandis que le métal termine le mois environ 9% sous son sommet d’août.

Les hedge funds jouent manifestement un rôle croissant dans le financement de la dette américaine. Selon la Fed de New York, leurs emprunts sur le marché repo, où ils obtiennent des financements à court terme en échange de titres donnés en garantie, ont doublé en deux ans pour atteindre 3000 milliards de dollars fin 2025, contre 664 milliards en 2017. Les fonds monétaires alimentent indirectement ce financement : leurs placements repo ont presque triplé depuis 2021, atteignant également environ 3000 milliards de dollars. Le marché représente au total 13’500 milliards de dollars de contrats, soit environ 40% du PIB américain. Les hedge funds utilisent notamment ces emprunts pour acheter des obligations du Trésor et vendre simultanément les contrats à terme correspondants, afin de profiter de petits écarts de prix. Cette stratégie soutient la demande et la liquidité des Treasuries, mais sa rentabilité dépend d’un recours important à l’endettement et du renouvellement fréquent du financement. Une hausse brutale des taux de financement, notamment du SOFR, ou des garanties supplémentaires exigées par les prêteurs pourrait les obliger à vendre rapidement leurs obligations, amplifiant les tensions sur le marché. Pour évaluer cette fragilité, il faut surveiller le recours au dispositif permanent de financement repo de la Fed, les exigences de garantie des prêteurs et les écarts de prix entre obligations et contrats à terme.

Le programme macro-économique de ce jeudi débute à 11h00 avec le taux de chômage de la zone euro, suivi à 14h30 des inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis. Barkin, Schmid et Collins de la Fed s’expriment à 15h05, puis Christine Lagarde, présidente de la BCE, à 15h30. L’indice ISM manufacturier américain est publié à 16h00. Enfin, Williams de la Fed intervient à 21h30, puis Logan à 00h45 dans la nuit.

Un peu plus tôt ce matin l’indice des prix à la consommation a été publié en Suisse, qui est sorti en progression de 1% d’année en année, comme attendu. Le 10 ans Confédération traite 437 points de base en-dessous du 10 ans OAT (je sors…).

Regeneron et Novo Nordisk annoncent des résultats positifs pour une combinaison de traitements contre l’obésité, tandis que Novo Nordisk espère commercialiser une nouvelle pilule vers 2030. Infineon ouvre une usine de semi-conducteurs en Thaïlande et Pandora inaugure au Vietnam ce qui est présenté comme la plus grande usine de bijoux au monde. Micron dépasse les attentes, mais son action peine à progresser davantage après la clôture. La fusion de Paramount Skydance et Warner Bros. devrait intervenir le 6 octobre. Apple prévoit une annonce le 13 octobre concernant son arrivée sur le marché de la maison connectée, tandis que Google lance Gemini 4 Argon, un modèle d’intelligence artificielle consacré à la programmation et à la cybersécurité, réservé dans un premier temps à des experts. Amazon signe un contrat d’achat d’électricité sur vingt ans pour soutenir une centrale nucléaire dans le Maryland. Coca-Cola prévoit de déposer en décembre le dossier d’introduction en Bourse de sa filiale indienne d’embouteillage. Raytheon obtient une modification de contrat de 511,5 millions de dollars pour des radars de la Marine américaine et Boeing reçoit une commande de dix avions cargo d’Ethiopian Airlines. Tencent loue, selon le Financial Times, 100'000 puces à Oracle pour accélérer son développement dans l’intelligence artificielle. Enfin, Accenture et Nike figurent parmi les principales publications de résultats du jour.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse, hormis en Inde ou le Nifty50 perd 1,08% pendant que les places de bourses chinoises sont fermées. Les futures SPX et NDX traitent en progression de 0,1% respectivement 0,6%, l’Europe rend 1,2% dans les premiers échanges. Le marché obligataire semble de plus en plus tendu.

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