Jackson Hole: le ton restrictif de Warsh soutient le dollar

David Kohl & David A. Meier, Julius Baer

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Bien que le risque d’une hausse des taux ait augmenté, nous continuons de tabler sur un statu quo monétaire et maintenons notre opinion baissière sur la devise américaine.

 

A l’occasion de son discours à Jackson Hole, Kevin Warsh, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), a marqué un retour à un mode de communication plus orthodoxe de la part de la banque centrale. S’il reste réticent à s’engager à l’avance sur une trajectoire de politique monétaire, il s’est montré disposé à expliquer la manière dont la Fed interprète les nouvelles données économiques et évalue les risques entourant son mandat.

Le principal enseignement de son intervention ne réside pas, selon nous, dans un signal explicite en faveur d’une hausse des taux, mais dans la réaffirmation des principes traditionnels de politique monétaire. L’accent mis sur les taux d’intérêt comme principal instrument de la politique monétaire, ainsi que le maintien du déflateur PCE comme référence en matière de stabilité des prix, ont renforcé la confiance dans un cadre de politique monétaire discipliné et prévisible.

L’inflation a commencé à ralentir, tandis que la situation sur le marché du travail apparaît globalement équilibrée.

Les marchés ont néanmoins interprété ce discours comme restrictif. L’attachement de M. Warsh à l’objectif d’inflation, conjugué à des pressions sur les prix qui restent élevés, a conduit les investisseurs à anticiper une probabilité accrue d’un nouveau resserrement monétaire de la Fed. Les rendements des bons du Trésor américain à court terme ont progressé et la courbe des taux s’est aplatie, les rendements à court terme ayant progressé davantage que ceux à long terme.

La hausse de l’écart de taux d’intérêt du dollar américain par rapport à ses principales devises homologues qui en a résulté a soutenu le billet vert. Si une hausse des taux lors de la réunion du FOMC de septembre reste possible, elle est loin d’être acquise. L’inflation a commencé à ralentir, tandis que la situation sur le marché du travail apparaît globalement équilibrée.

Nous continuons donc de considérer le rapport l’IPC du mois d’août comme la publication la plus importante avant la prochaine réunion du FOMC, les données sur le marché du travail étant susceptibles de jouer un rôle secondaire. Nous maintenons notre prévision de base d’une politique monétaire inchangée, tout en reconnaissant que la probabilité d’une hausse des taux s’est considérablement accrue.

Par conséquent, nous conservons également notre opinion baissière à moyen terme sur le dollar américain. Les sorties structurelles de capitaux sur la balance courante, la surveillance accrue de la dynamique budgétaire américaine et la tendance à la diversification au détriment des actifs libellés en dollars continuent de plaider en faveur d’un affaiblissement progressif du dollar américain au fil du temps. A court terme, les risques haussiers restent élevés:  un resserrement supplémentaire de la politique monétaire de la Fed renforcerait l’avantage du dollar américain en matière de taux à court terme.

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