Les cours du pétrole baissent mardi en raison de prises de bénéfices, après le nouveau train de sanctions de Washington visant les partenaires commerciaux de l’Iran, susceptible de fragiliser la consommation de brut.
Le recul des prix du brut a commencé lundi «avant l’annonce des sanctions américaines et peut probablement être attribuée principalement à des prises de bénéfices après les hausses de prix des deux dernières semaines», estime Arne Lohmann Rasmussen.
Vers 10H10 GMT (12H10 HEC), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, perdait 2,88% à 89,52 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, tombait de 2,94% à 82,51 dollars.
Le ministre des Finances Scott Bessent a affirmé que les sanctions dites «secondaires», dans le but de «couper toutes les ressources économiques» de l’Iran, ne touchaient pas directement le pays mais ses partenaires commerciaux, sur l’or, la technologie, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime.
M. Bessent n’a pas précisé quand elles entreraient en vigueur ni quels pays étaient visés. Mais la Chine, grande consommatrice de pétrole iranien, a déjà prévenu qu’elle «défendra fermement» ses intérêts.
Un nouvel embrasement de la guerre commerciale entre ces deux pays pourrait fragiliser davantage l’économie mondiale et la demande de pétrole.
La question «reste de savoir si les Etats-Unis sont réellement disposés à appliquer les sanctions contre la Chine», souligne M. Rasmussen.
La navigation dans le détroit d’Ormuz demeure néanmoins la variable à l’impact le plus important sur les prix du brut, mais est actuellement très difficile à estimer.
De nombreux bateaux coupent leur système d’identification automatique et passeraient sans être visibles et «les entreprises de suivi maritime les plus performantes au monde peinent actuellement à compter les navires», précise à l’AFP Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.
Selon un article publié la semaine dernière par le média américain Axios et citant des responsables américains, environ 10 millions de barils par jour (mb/j) de pétrole parviennent au marché en provenance du détroit d’Ormuz, avec 15 à 20 pétroliers qui entrent et sortent chaque nuit par ce passage stratégique. Mais les chiffres avancés sont difficiles à vérifier.
«Ces navires finiront par apparaître dans un pays de destination à un moment donné et seront suivis ultérieurement», mais ce suivi des navires à l’arrivée «ne laissent pas penser que les flux aient atteint, jusqu’à présent, un niveau aussi élevé que 10 mb/j», ajoute Giovanni Staunovo, analyste chez UBS, interrogé par l’AFP.