Roche renoue avec la croissance sur neuf mois

AWP

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Sur les trois premiers partiels cumulés, le chiffre d’affaires atteint désormais 46,49 milliards, en hausse de 1,4% en francs, voire de 6% en monnaies locales. L’action clôture presque à l'équilibre (+0,03%).

Le géant pharmaceutique et du diagnostic rhénan Roche a profité d’une accalmie sur le front des changes pour se remettre sur les rails de la croissance sur neuf mois. Entre juillet et fin septembre, le chiffre d’affaires a rebondi de 8,1%, ou de 7% en monnaies locales, à 16,13 milliards de francs.

La performance permet à la multinationale rhénane de renouer avec la croissance sur les neuf premiers mois de l’année, qui accusait encore un léger repli à l’issue du premier semestre.

Sur les trois premiers partiels cumulés, le chiffre d’affaires atteint désormais 46,49 milliards, en hausse de 1,4% en francs, voire de 6% en monnaies locales, indique un compte-rendu publié jeudi.

Par segment, les ventes de médicaments ont progressé de 1,8% à 36,21 milliards, tandis que celles de dispositifs de dépistage et machines d’analyses se sont érodées de 0,3% à 10,28 milliards.

La division Diagnostics a néanmoins amorcé un retournement de tendance au troisième trimestre, après avoir souffert sur les six premiers mois de l’année d’une réforme des pratiques tarifaires dans le domaine des dispositifs médicaux.

Manque à gagner largement surcompensé

La volée de chiffres s’inscrit dans le haut des projections des analystes consultés par l’agence AWP.

Les recettes des cinq principaux moteurs de ventes sur neuf mois se sont envolées de 6% à 16,8 milliards, comblant généreusement un manque à gagner de quelque 600 millions attribué à la concurrence de versions biosimilaires de traitements vieillissants.

La direction confirme prévoir pour l’exercice en cours une croissance des ventes d’environ 5% hors effets de change, ainsi qu’un essor d’un peu moins de 10% du bénéfice par action de base. Les actionnaires devraient pouvoir compter sur une nouvelle augmentation de leur rémunération. A plus longue échéance, l’assimilation de l’effet de base induit par la réforme tarifaire en Chine doit permettre à Diagnostics de retrouver une cadence de croissance dès 2027.

Lors d’un entretien avec des analystes jeudi, le directeur général de Roche, Thomas Schinecker, s’est montré confiant pour la période au-delà de 2026. Le patron du groupe pharmaceutique prévoit de nouvelles progressions non seulement du chiffre d’affaires, mais aussi des marges. Et ce, alors que Roche figure parmi les entreprises du secteur qui investissent le plus dans la recherche et le développement.

Comme l’explique M. Schinecker, le portefeuille de projets de recherche de Roche comprend notamment de nombreux candidats-médicaments à un stade de développement déjà avancé, qui sont généralement plus coûteux. Le dirigeant avait toutefois déjà souligné jeudi matin, lors d’un entretien avec des journalistes, que Roche avait récemment réalisé des progrès en matière d’efficacité de la recherche. Ceux-ci sont notamment à mettre au crédit d’une procédure de sélection plus stricte.

Roche a introduit ce nouveau cadre d’évaluation de son portefeuille de recherche fin 2023. Depuis lors, les candidats-médicaments doivent satisfaire à des critères précis pour poursuivre leur développement.

Un autre avantage des programmes de recherche à des stades plus précoces est que Roche peut privilégier ces projets lorsqu’il cherche à compléter son portefeuille par des développements externes. «Nous sommes moins sous pression que certains de nos concurrents pour étoffer notre portefeuille avec des candidats-médicaments à un stade de développement plus avancé», a-t-il assuré.

Un avenir serein

La dynamique dans la pharma et la stabilisation dans le diagnostic signifient que Roche peut aborder les mois à venir et les lancements prévus de produits de manière sereine, observe Urban Fritsche, à la Banque cantonale de Zurich (ZKB).

Les analystes de Barclays notent toutefois que la bonne surprise au niveau des recettes trimestrielles repose pour moitié sur des achats anticipés de médicaments au Japon, avant l’introduction d’un nouveau système informatique. Un effet calendaire qui risque de faire marche arrière dès le trimestre en cours, abondent leurs confrères chez UBS.

A la clôture de la Bourse suisse, le bon de participation Roche a repris des couleurs, avec une légère hausse de 0,03% à 392,10 francs, dans un SMI en légère baisse de 0,03%.

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