Nestlé a dévoilé jeudi des revenus stables sur neuf mois et en progression au troisième trimestre, ce que le géant vaudois de l’alimentaire attribue au recentrage sur ses activités clés. Le groupe dit s’atteler à poursuivre sa croissance, sur fond de scandales alimentaires touchant notamment des aliments pour bébés, et la récente mise sous tutelle de ses activités en Russie.
Pour la période sous revue, Nestlé a fait état de résultats dépassant les attentes des analystes, avec un chiffre d’affaires stable sur un an à 65,90 milliards de francs.
La croissance organique s’est élevée à 3,7%, contre 3,3% un an plus tôt. La croissance interne réelle (RIG), qui mesure elle les volumes, a atteint 1,9%, contre 0,6% auparavant. L’effet de prix se monte lui à 1,8%, à comparer avec 2,8%
Au dernier trimestre, les revenus du groupe se montent à 22,76 milliards de francs, contre 21,64 à la même période un an plus tôt. La croissance organique s’est établie à 4,0%.
Ventes de lait infantile «à la traîne»
Par catégorie, les Eaux et boissons ont affiché la progression la plus marquée, avec une croissance organique de 12,3% au troisième trimestre, tandis que la Nutrition n’a progressé que de 0,3% «en raison notamment de l’impact du rappel de préparations pour nourrissons», alors que les ventes de lait infantiles en Europe «restent à la traîne».
La multinationale romande avait initié début janvier un rappel de certains lots des marques de lait infantile BEBA et Alfamino en Suisse, en raison de la présence potentielle de céréulide, toxine pouvant provoquer des vomissements dangereux chez un nouveau-né.
En ce qui concerne les régions, la croissance organique a été de 6,8% sur les marchés émergents, souligne l’entreprise veveysanne. En Chine, son deuxième marché mondial après les Etats-Unis, où elle a subi de plein fouet la baisse de confiance des consommateurs au premier semestre, elle s’est établie à 4,2%, «mais les conditions de marché restent difficiles».
Selon le nouveau directeur général de Nestlé, Philipp Navratil, le choix de la société de se recentrer sur ses activités phares que sont le café, les produits pour animaux de compagnie, la nutrition et les produits culinaires et snacks, commence à porter ses fruits. «Nous sommes satisfaits des progrès réalisés, même si nous n’avons pas encore atteint nos objectifs. Il reste du travail et nous savons exactement ce qu’il convient de faire»», a-t-il déclaré aux médias.
Silence sur la Russie
Le patron de Nestlé a souligné qu’il entendait «créer de la valeur, dans un environnement externe qui reste difficile». Sur ce point, Nestlé a préféré garder le silence quant aux problèmes actuellement rencontrés par le groupe en Russie. En septembre dernier, ses deux principales filiales dans le pays, Nestlé Russia et Nestlé Kuban, ont en effet été placées sous contrôle de l’Etat russe.
«Nous préférons ne pas commenter davantage la situation pour le moment», a dit M. Navratil, précisant que Nestlé avait décidé de déconsolider ces activités avec effet au 30 septembre de cette année. «Cet événement n’a eu aucun impact sur les ventes du troisième trimestre ou des neuf premiers mois, et n’a qu’un impact financier limité sur les résultats récurrents de 2026», a-t-il ajouté.
Le groupe admet toutefois que la situation de ses affaires en Russie pourrait peser sur la marge en 2027, «mais que des économies seront réalisées pour compenser».
Ces derniers soucis du groupe viennent s’ajouter aux scandales cette année du lait infantile, des traitements interdits sur les eaux minérales Nestlé Waters, des décharges sauvages, ainsi que des poursuites aux Etats-Unis pour présence alléguée de métaux toxiques dans les produits pour nourrissons de sa filiale Gerber.
Mais le paquebot alimentaire résiste pour l’heure aux tempêtes et semblait convaincre les investisseurs, les analystes saluant «des résultats solides, malgré la présence de facteurs temporaires».
Vers 10h45 à la Bourse suisse, la nominative Nestlé prenait 1,4% à 84,65 francs, troisième au classement d’un SMI en repli de 0,18%.