Le dollar est en baisse vendredi après la publication des derniers chiffres sur l’emploi aux Etats-Unis, qui ont surpris par leur faiblesse et ont dissipé les attentes quant à une hausse des taux directeurs américains ce mois-ci.
Selon des données officielles, le chômage a légèrement grimpé le mois dernier aux Etats-Unis, à 4,2%, contre 4,1% attendu. Et seuls 29’000 emplois ont été créés sur la période, quasiment trois fois moins que ce sur quoi tablaient les analystes.
Alors que la banque centrale américaine (Fed) a relevé ses taux en septembre pour lutter contre l’inflation, «une pause en octobre semble désormais probable, même si la combinaison de la hausse des coûts du carburant et de la fermeté des prix dans le secteur manufacturier rend la décision de décembre plus incertaine», estime Kevin Ford, analyste de la plateforme Convera.
L’institution monétaire doit veiller à diriger le pays vers le plein-emploi tout en cherchant à maintenir l’inflation autour de 2%.
Ces deux objectifs nécessitent généralement des actions opposées: faciliter le crédit pour faire repartir l’économie et avec elle l’emploi, ou au contraire restreindre les conditions de financement pour calmer les hausses de prix.
Le billet vert est en général porté par une politique monétaire restrictive car les placements en dollars, notamment sur le marché de la dette, sont alors plus rémunérateurs.
Vers 18H00 GMT, le billet vert cédait 0,09% à la monnaie unique européenne, à 1,1254 dollar pour un euro, et 0,30% à la devise britannique, à 1,3237 dollar pour une livre.
Sur la semaine, la tendance reste toutefois nettement positive pour le dollar, qui a atteint jeudi un plus haut depuis mai 2025 face à l’euro.
«Le statut de valeur refuge du billet vert reste intact» face aux nombreuses incertitudes géopolitiques et budgétaires, note Nick Rees, de Monex USA.
«Cette conjoncture devrait continuer à favoriser légèrement le dollar, compensant ainsi le recul des anticipations de resserrement monétaire de la Fed», ajoute l’analyste.
D’autant que les difficultés continuent en zone euro, où l’inflation a grimpé en septembre à un nouveau sommet depuis trois ans, à 3,8%.
La France est en particulier dans le viseur des investisseurs, qui exigent des taux toujours plus élevés pour lui prêter de l’argent.
Le risque est que «les inquiétudes se propagent» aux autres membres, selon Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.