Gonet: l'actualité des marchés au 26 octobre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -1,23%, S&P 500 -0,52%, Nasdaq -0,21%, Russell -0,29%, SOX +0,44%, Eurostoxx -0,31%, SMI -0,59%.

 

Depuis quelques temps Wall Street vole aux instruments, la tête à l’envers et sans grand optimisme. La semaine écoulée marque un retour remarqué de la volatilité sur les parquets de trading, oh on est encore bien loin des poussées de fièvre observées par exemple début avril 2025, mais le VIX (volatilité du S&P500) progresse tout de même de 6,66% (oups) sur 5 séances, pour clôturer à 19,69. Ce niveau reste plutôt ennuyeux, à partir de 30 les structureurs retrouvent le sourire, à 35-40 ils ont racheté un domaine en Champagne, à 50 et plus c’est Broadway. Le VIX n’est pas seul dans sa tentative de revival, le MOVE (son équivalent obligataire) est repassé au-dessus de 100 depuis quelques temps, il illustre la nervosité qui anime les acteurs du marché de la dette. Même la volatilité des actions individuelles (VIXEQ) relève la tête depuis un peu plus d’un mois. Tout cela pour vous dire que le long fleuve tranquille de la hausse du NYSE a désormais cédé la place à une sorte de El Nino financier, parsemé de tempêtes soudaines et de yoyos prononcés. On remarquera surtout le SOX, le principal indice des semi-conducteurs qui est en quasi chute libre depuis le 6 octobre, il a perdu un peu plus de 18% depuis et tente de se stabiliser sur sa moyenne mobile à 200 jours depuis jeudi soir, avec succès pour le moment. La pression mise sur l’indice vedette de 2026 vient des doutes croissants dans le marché autour des retours sur de massifs investissements dans l’intelligence artificielle, de plus en plus souvent financés par de la dette.

Wall Street termine la séance de vendredi en baisse, effaçant ses gains du jour dans un contexte de participation nettement négative, après la surperformance des indices équipondérés jeudi. Sur l'ensemble de la semaine, le SPX et le NDX cèdent respectivement 0,5% et 0,8%, tandis que le Dow Jones gagne 0,4% et le Russell 2000 progresse de 2%, illustrant la poursuite de la rotation sectorielle et le repli des rendements obligataires. Le thème de l'intelligence artificielle se stabilise après la correction de jeudi, avec un léger rebond des semi-conducteurs et des fabricants de mémoires, tandis que les fournisseurs spécialisés d'infrastructures cloud restent sous pression. L'énergie bénéficie de la nouvelle flambée des cours pétroliers, tandis que les logiciels, notamment la cybersécurité, les équipements de réseaux, l'acier et les infrastructures de télécommunication surperforment. La remontée des prix de l'énergie et les tensions géopolitiques continuent de peser sur le sentiment général. Les rendements obligataires américains progressent de 3 à 4 points de base, le 10 ans revenant à 4,99%. Le dollar retrouve quelques couleurs, la paire EUR/USD revient à 1,1203. L'or tente de défendre ce niveau le niveau de 4000 dollars, cours actuel 4017 dollars. Le métal précieux est pénalisé par la remontée du pétrole, qui entretient un environnement inflationniste qui nuit aux actifs sans rendement. Côté or noir le baril de Brent reste demandé, il cote actuellement 115,10 dollars.

Résumons: la séance de Wall Street de vendredi confirme un marché toujours dominé par la rotation sectorielle, avec une stabilisation relative de la technologie mais une dégradation du breadth et une sensibilité persistante à l'évolution des taux et du pétrole.

S’il faut retenir un seul point technique, c’est sans hésitation la moyenne mobile à 200 jours du SOX que l’on retiendra, l’indice des semis se pose quasiment pile dessus jeudi soir, il la défend avec succès vendredi, elle constitue un support important et relativement solide.

On observe au passage que le marché obligataire retrouve enfin son rôle de valeur refuge lorsque les actions inquiètent. Un seul marché de la dette fait exception notable la semaine passée, la France, dont le 10 ans OAT voit son rendement progresser de 21 points de base et passer au-dessus de 5%. Le mouvement est très probablement amplifié par la désastreuse image que donne le pays au monde après les émeutes du 17 octobre. Et sous la surface les caisses sont plus que vides et la charge de la dette est devenue insoutenable. Ce weekend un petit miracle se produit, contre toutes attentes l’agence Moody’s ne dégrade pas la dette de la France, le 10 ans OAT revient à 4,98%, son spread contre le 10 ans Bund est à 162 points over.

Les derniers indicateurs de SentimenTrader l’analyse technique convergent vers un scénario de marché toujours constructif à moyen terme, mais exposé à des risques de correction et de volatilité à court terme. L’endettement sur marge du NYSE reste 11,9% au-dessus de sa moyenne mobile à 12 mois, tandis que la saisonnalité historique demeure favorable aux actions américaines. En revanche, le Titanic Syndrome, récemment en alerte pendant cinq séances consécutives, souligne la fragilité du marché, caractérisé par une participation irrégulière à la hausse et d’importantes divergences sectorielles. La rotation se poursuit au détriment des grandes valeurs technologiques, au profit des titres décotés, des petites capitalisations et de certains secteurs défensifs, sans véritable signe de capitulation généralisée. Le SOX revient au contact de sa moyenne mobile à 200 jours et approche une situation de survente, une configuration historiquement propice à un rebond technique. Les biens de consommation de base montrent également des signes de reprise, tandis que les mines d’or présentent un potentiel de rebond à court terme après une forte correction. Toutefois, la divergence extrême du sentiment entre industrielles et valeurs défensives, ainsi que les signaux de prudence des indicateurs de breadth, invitent à la vigilance.

Les prix de l'énergie restent au centre du jeu, les inquiétudes autour des attaques répétées des Houthis du Yémen contre l'Arabie saoudite et la menace d'une nouvelle escalade entre Washington et Téhéran alimentent une prime de risque géopolitique élevée. Le bras de fer entre l’Iran et les États-Unis constitue le principal facteur géopolitique à surveiller. Donald Trump déclare hier que «le moment de prendre une décision approche», entre parvenir à un accord ou «en finir». Selon certaines informations, les services de renseignement américains estiment que les préparatifs iraniens en vue d’attaquer des ressortissants américains dans la région ont atteint un «stade avancé», entraînant l’évacuation de certains postes diplomatiques et militaires américains.

Les sujets du moment sont connus: l’IA et les doutes qui l’entourent, le pétrole et sa vigueur, la France et ses finances et la saison 3 des résultats de sociétés avec ses effets sur un marché dont la nervosité a augmenté d’un cran la semaine passée. Aujourd’hui on va ajouter une couche avec le retour au premier plan des banques centrales. La Fed annonce sa décision sur les taux mercredi, la BCE jeudi et la Banque du Japon vendredi, personne ou presque dans le marché n’attend de mouvement à ces occasions, on se concentrera donc sur la rhétorique des différents banquiers centraux. En parallèle, le rythme des publications de trimestriels ne faiblit pas avec 250 firmes de plus de 10 milliards de dollars de capitalisation boursière qui passeront par le confessionnal, parmi elle on trouve notamment Boeing, Airbus, Coca-Cola, Unilever, Air Liquide, Linde, Sanofi, Eli Lilly mais surtout trois des accusées mastodontes de la tech: Microsoft, Alphabet et Amazon.

Au menu macroéconomique du jour figurent l’indice Ifo du climat des affaires en Allemagne à 10h00, suivi aux États-Unis de l’indice d’activité nationale de la Fed de Chicago à 13h30 et de l’indice manufacturier de la Fed de Dallas à 15h30.

Volkswagen fait face à un conflit social majeur dans un contexte de négociations salariales tendues, tandis que Hugo Boss passe sous le contrôle de Frasers, qui franchit le seuil de 50% du capital. Eni serait proche de conclure un accord pouvant atteindre 1,8 milliard de dollars pour un projet gazier offshore à Chypre, alors que des salariés d’UBS redoutent d’importantes suppressions de postes en Suisse en cas de délocalisation du groupe. Sika renforce sa présence aux Émirats arabes unis avec l’acquisition de Duproof. Dans la pharmacie, Roche annonce des résultats encourageants dans le cancer du poumon et les maladies rénales, Novartis publie des données cliniques sur son traitement de la sclérose en plaques, tandis que Bayer fait état d’une réduction de 58% du risque de métastases ou de décès dans un essai contre le cancer de la prostate. Aux États-Unis, SpaceX poursuit son offensive dans les télécommunications et obtient 40 milliards de dollars de financements, tandis qu’Elon Musk anticipe une consolidation du secteur des infrastructures cloud spécialisées dans l’IA. Johnson & Johnson et Amgen présentent également des avancées dans leurs traitements oncologiques. En Asie, SK Hynix envisagerait de distribuer un dividende exceptionnel d’environ 12,1 milliards de dollars grâce à la cession de sa participation dans Kioxia, tandis que BYD souhaite doubler la capacité de son usine brésilienne à 600’000 véhicules.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo rend 0,8% à la cloche, Hong Kong prend 0,51%, Shanghai grappille 0,19%, Séoul perd 1,46% et le Nifty50 monte de 0,26%. Les futures SPX et NDX montent de 0,1% respectivement reculent de 0,1% tandis que l’Europe ouvre en légère hausse.

Amis adeptes de LLL, attention à ne pas rater l’ouverture de Wall Street cette semaine, qui interviendra à 14h30 au lieu de 15h30, les Etats-Unis ne passeront à l’heure d’hiver que le weekend prochain.

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