Vague de défaut de crédit à venir

Salima Barragan

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Pour Alexis Renault d’ODDO BHF AM, point de sélection d’obligations sans une rigoureuse analyse de crédit.

Selon la société de ratings de crédit Moody’s, les taux de défaut de crédit sur un an franchiront la barre des 10%. «Une augmentation des défauts suit toujours le pic de spread de crédit», explique Alexis Renault, responsable des obligations à haut rendement chez ODDO BHF AM. Au fur et à mesure que les taux de défaut attendus diminueront dans le temps, les écarts de crédit se resserreront. Ainsi, pour la fin de l’année, Oddo BHF AM envisage des rendements positifs sur le segment du High Yield.

«Compte tenu de la résurgence du COVID-19 aux Etats-Unis
et en Amérique Latine, on peut s’attendre à une brève correction à court terme.»

Trop optimistes, les investisseurs s’attendaient à une reprise rapide - dite en forme de V – de l’activité économique. «Depuis fin mars, la reprise des marchés a été très forte. Mais compte tenu de la résurgence du COVID-19 aux Etats-Unis mais aussi en Amérique Latine, on peut s’attendre à une brève correction à court terme», estime Alexis dont l’objectif de performance pour les 12 prochains mois sur les obligations à haut rendement européennes est compris entre 5% à 7%.

Soutien durable de banques centrales

Toutes les classes d’actifs ont bénéficié des programmes de rachats massifs des banques centrales. Les spreads de crédit sur les obligations à haut rendement ont atteint 920 points de base en pleine crise. Notons que sans le soutien de ces acheteurs «nets», les spreads du crédit auraient sans aucun doute atteint des zones stratosphériques. «Les banques centrales ont acheté plus de papier que ce qui était émis sur le marché, ce qui explique pourquoi les spreads sont rapidement redescendus», relève Alexis Renault.

«D’ici un mois, les défauts auront augmenté mais le resserrement
des spreads se poursuivra sur une année au moins.»
Point d’entrée 

Pour le spécialiste, le pic des écarts de crédit est toujours atteint lors du premier trimestre d’une récession, soit en avril 2020. «Il n'y a pas de meilleur moment pour investir dans cette classe d'actifs très cyclique. D’ici un mois, les défauts auront augmenté mais le resserrement des spreads se poursuivra sur une année au moins», affirme-t-il. Pour l’heure, les spreads de crédit se situent sur leur moyenne historique de 550 points de base. «Les marchés pourraient souffler un petit peu à l’approche des résultats trimestriels, mais nous restons constructifs car à moyen terme les spreads devraient redescendre en dessous de leur moyenne», rajoute-t-il. Le taux de défaut attendu pour mars 2021 (12,5%) est redescendu à 10,7% attendu à fin mai 2021.

Vague de «Fallen Angels»

Depuis quelques mois, des émetteurs importants tels que PEMEX, ArcelorMittal, Heinz Food, Renault ou encore Ford sont tombés dans la catégorie des Fallen Angels - ces titres passés du rang d’obligation de première qualité à obligations à haut rendement. «Ces émetteurs arrivent avec des niveaux significatifs de dette et leur passage de Investment Grade à High Yield peut entraîner une correction des marchés, qui permet d’acheter ces titres à des rendements très attractifs, jusqu’à 10%», explique-t-il.

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