Omicron, une menace pour le rallye de fin d’année?

Steven Bell, BMO Global Asset Management

2 minutes de lecture

Une remontée des actions d’ici la fin de l’année n’est pas à exclure mais la prudence reste de mise.


©Keystone

L’arrivée du variant Omicron a fait plonger les marchés à des niveaux inédits depuis plus d’une année. Faut-il pour autant abandonner tout espoir d’une remontée des actions d’ici fin décembre? Les marchés n’ont pas fini de fluctuer et il est encore trop tôt pour le dire. On peut espérer que ce nouveau variant s’accompagnera de symptômes relativement légers. Un espoir qui ne repose pas uniquement sur les remarques d’une médecin sud-africaine, qui a constaté que ses patients restaient généralement en bonne santé, mais également sur la nature des mutations d’Omicron. Mutations qui, en revanche, font craindre une efficacité moindre des vaccins.

Virus, vaccins et variants

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) n’a pas attendu avant de classer Omicron dans la catégorie des variants «préoccupants», sautant ainsi l’étape intermédiaire du variant «sous surveillance». Les gouvernements n’ont pas été en reste. Le Royaume-Uni, où Boris Johnson avait été critiqué pour sa réaction jugée trop lente au moment de la première vague, et le Japon, qui a pratiquement interdit l’accès à son territoire à tout visiteur étranger, ont été particulièrement réactifs. Cette rapidité est notamment due à la météo hivernale de l’hémisphère nord, qui accentue la pression sur les hôpitaux et facilite la transmission du virus, ainsi qu’au désir généralisé de «sauver» Noël. 

Les niveaux initiaux d’efficacité des vaccins sont si élevés qu’ils devraient réussir à garder une force de frappe importante.

A plus long terme, le monde saura certainement faire face à ce nouveau variant. Les vaccins pourraient se révéler moins efficaces face à Omicron mais leurs niveaux initiaux sont si élevés qu’ils devraient réussir à garder une force de frappe importante. Sans compter qu’ils peuvent être ajustés, en l’espace de quelques mois, pour regagner leur niveau d’efficacité maximale. Les traitements destinés aux personnes malades se sont également améliorés au cours des derniers mois, de telle sorte que les hospitalisations de cas COVID sont à la fois moins nombreuses et moins longues qu’avant. Le nombre de nouveaux cas ne constitue plus la variable clé pour mesurer l’impact de la pandémie sur l’économie.

Jusqu’à présent, les vaccins ont conféré une protection étendue contre le virus et ses différents variants. Les personnes âgées restent bien évidemment la catégorie la plus vulnérable et la part de non-vaccinés dans ce segment de la population varie selon les pays: étonnamment élevée en Allemagne et en France, elle est en revanche plus basse en Espagne et en Italie. Deux pays où l’immunité naturelle de la population est plus élevée de manière générale de par la virulence de la première vague sur leurs territoires. Les personnes de plus de 65 ans aux Etats-Unis sont, elles aussi, relativement peu vaccinées. 

Rendements, risques et resserrement

La semaine dernière, le PIB mondial se situait à moins de 2% d’écart par rapport à son niveau pré-COVID. Sa chute la plus importante, estimée à -20% par Goldman Sachs, date d’avril 2020. On peut ainsi s’imaginer que l’économie mondiale saura s’accommoder de ce nouveau variant et que les actifs à risque vont pouvoir reprendre des couleurs et de nouveau atteindre des sommets. Il y a donc des opportunités d’achat aujourd’hui mais il faudra rester prudents. Les cessions ont été modestes et la volatilité devrait rester élevée pendant encore un certain temps. Les risques, de même que les rendements potentiels, ont augmenté. 

Les marchés sous-évaluent les perspectives de hausse des taux aux Etats-Unis pour l’année prochaine.

Les perspectives d’un resserrement monétaire à court terme ont, quant à elles, radicalement changé. Les marchés tablaient encore la semaine dernière sur une hausse modeste des taux directeurs de la banque d’Angleterre, dont la prochaine réunion est fixée au 16 décembre. Mais ce cas de figure paraît aujourd’hui peu probable. Reste que, si Omicron devait finalement se révéler un revers mineur, les taux devraient effectivement remonter au Royaume-Uni dans le courant de l’année 2022. Les marchés continuent à intégrer une hausse de 1% des taux directeurs dans leurs prévisions pour l’année prochaine et cette estimation paraît raisonnable. En revanche, les marchés sous-évaluent les perspectives de hausse des taux aux Etats-Unis pour l’année prochaine. Ces derniers tablent sur une hausse de 0,5% des taux des fonds fédéraux d’ici fin 2022 mais il paraît plus probable que cette dernière soit de l’ordre de 1 à 2%.  

Dans l’ensemble, rien ne semble exclure pour le moment une reprise des actions d’ici la fin de l’année. Les rendements en seraient d’autant plus intéressants et les risques d’autant plus élevés.

A lire aussi...