Les prix de l’or

Charlotte Peuron, Crédit Mutuel Asset Management

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Aujourd’hui, le précieux métal évolue davantage en fonction de l’évolution des taux réels et des politiques monétaires plutôt que des risques géopolitiques.

L’or, souvent considéré comme une «monnaie», a bénéficié, depuis la crise du COVID, de déficits budgétaires importants dans les économies développées. Des politiques budgétaires très accommodantes ont accru les émissions de dette, affaiblissant les devises émettrices et renforçant la valeur relative de l’or (USD, EUR, etc.). Après plusieurs années de bonnes performances, l’or est entré, depuis la guerre en Iran et la «Bataille du détroit d’Ormuz», dans une phase de consolidation. Plusieurs facteurs expliquent ce mouvement:

  1. L’or a participé, comme souvent, au «sell-off» des marchés au début du conflit. 
  2. Certaines banques centrales ont profité des niveaux très élevés des prix pour vendre une partie de leurs réserves afin de financer certaines dépenses; l’or demeure donc une valeur de réserve.
  3. Les investisseurs de court terme ont également pris des profits via la vente d’ETF Or en mars.

Aujourd’hui, l’or évolue davantage en fonction de l’évolution des taux réels et des politiques monétaires plutôt que des risques géopolitiques. Le choc d’offre sur le pétrole et les conséquences économiques et inflationnistes potentielles ont anéanti tout espoir de poursuite de la baisse des taux de la part de la Fed, ce qui pèse également sur les prix des métaux précieux. Compte tenu de l’environnement actuel, cette volatilité devrait perdurer tant que ces incertitudes ne seront pas levées.

Cependant, nous restons constructifs à moyen terme, car les fondamentaux demeurent solides. Globalement, les banques centrales restent acheteuses d’or, avec plus de 244 tonnes d’achats au 1er trimestre 2026 (Source: World Gold Council, T1 2026). Les volumes d’ETF Or se sont redressés et stabilisés en avril. Si l’inflation s’installe, l’or redeviendra un actif de protection après la phase de hausse des taux. Par ailleurs, bien que les réponses budgétaires depuis la crise du détroit d’Ormuz soient jusqu’à présent restées relativement «orthodoxes», avec peu de mesures de relance supplémentaires, le risque d’une hausse des dépenses publiques à court terme demeure élevé, ce qui soutiendrait probablement à nouveau les prix de l’or. Si le conflit s’arrête rapidement, sans risque d’accélération de l’inflation, la Fed cherchera probablement à relancer l’économie en reprenant son cycle de baisse de taux. Ces deux scénarios sont favorables à l’or.

 

Achevée de rédiger le 22 mai 2026.

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