Les marchés restent dans une fourchette étroite

Pierre Beniguel, TwentyFour Asset Management

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Les places financières commencent à sentir l’impact du variant Delta qui se propage dans de nombreux pays.


©Keystone

Les implications pour la croissance sont encore floues mais les premiers indicateurs laissent entendre qu’elle pourrait avoir atteint son pic cette année, même si la reprise est en cours. Comme en témoigne un certain nombre de données économiques, le marché craint qu’une nouvelle vague de COVID-19 ne freine la relance. La baisse de 15% des prix du pétrole depuis la mi-juillet en est le signe le plus visible.

Les indicateurs économiques éclipsent une saison record.

Les marchés obligataires subissent eux aussi les effets du climat «risk-off», avec un plus bas intrajournalier de 1,13% le 4 août pour le bon du Trésor US à 10 ans. Cette semaine, la dynamique des marchés actions a faibli avec un recul de 1,5% pour le S&P 500 et de 3,1% pour l’Euro Stoxx 50. Alors les données économiques récentes reflètent des perspectives contrastées, la publication de ventes de détail US moins bonnes que prévu pour juillet (-1,1% au lieu de +0,3% attendu) et d’un indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan inférieur aux attentes (70,2 points au lieu des 81,2 prévus) a effrayé les investisseurs. Les derniers indicateurs en provenance de Chine ont également déçu dans le domaine des ventes de détail (8,5% au lieu de 10,9% en juillet), de la production industrielle (6,4% au lieu de 7,9%) et des investissements urbains.

Ces données tendent néanmoins à éclipser une saison record pour les résultats des entreprises. 90% des sociétés du S&P 500 ont jusqu’à présent publié leurs résultats, et elles auront rarement été aussi nombreuses à dépasser les attentes du consensus en termes de chiffres d’affaires et de bénéfices. Selon la dernière analyse de Credit Suisse, 87% des entreprises ont publié des chiffres d’affaires supérieurs aux prévisions, soit le pourcentage le plus élevé depuis dix ans. Même constat du côté des bénéfices qui se sont avérés meilleurs que prévu pour 86% des entreprises, là aussi un record pour les dix dernières années. En outre, la relance économique et les bénéfices florissants ont permis aux entreprises d’accumuler de grandes quantités de trésorerie.

La liquidité et les bilans solides rassurent.

Les rachats d’actions et les dépenses d’investissement sont la conséquence probable d’une telle croissance. Selon Goldman Sachs, les entreprises devraient consacrer 2,8 billions de dollars cette année au développement de leurs activités ou aux dépenses en capital, et 680 milliards aux rachats de titres. Ces prévisions sont le signe d’une activité de cycle économique mature et de la force inhérente aux marchés à risque. 

Nous comprenons les inquiétudes croissantes du marché à l’égard de nouveaux variants du COVID susceptibles d’éroder le potentiel de croissance de nombreuses économies avec des ruptures de l’activité et des chaînes d’approvisionnement. Toutefois, la liquidité présente dans le système et la solidité des bilans d’entreprises nous rassurent. A quelques jours de Jackson Hole et des orientations des grands banquiers centraux, le marché du crédit apparaît raisonnablement équilibré. Le négoce devrait se maintenir dans une fourchette étroite et les corrections significatives seront mises à profit par les investisseurs désireux d’acheter à la baisse.

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