Les fonds ESG sommés d’apporter des preuves

Salima Barragan

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Les gestionnaires d'actifs devront démontrer comment ils atteignent leurs résultats extra-financiers, selon une étude de Peregrine Communications.


© Keystone

Cela n'aura pas échappé au lecteur attentif de la presse financière: les publicités de produits estampillés ESG ont drastiquement augmenté depuis quelques temps. Plus précisément de 149,6% au cours des 12 derniers mois selon le rapport annuel ESG de Peregrine Communications. Malgré cette profusion de publications sur la finance responsable, seule une poignée de gestionnaires d'actifs communique sur une réelle contribution au développement durable. Si 2020 a été l'année où la gestion d'actifs a pivoté vers l'ESG, 2021 sera celle où les investisseurs attendent des résultats explicites.

Les parties prenantes exigent des résultats

Quel gestionnaire d’actifs n’a pas annoncé de nouveaux produits ESG au cours de l’année écoulée. Le rapport souligne que certains thèmes comme l’environnement sont saturés alors que les «espaces blancs» – ces thèmes encore peu exploités parmi lesquels, les plus accrocheurs sont le greenwashing et le désinvestissement – gagneraient à être traités par les gestionnaires d’actifs en quête de différenciation. Quant à ceux qui souhaitent se forger une véritable aura en matière de gestion responsable, ils devront commencer à créer du contenu sur la façon dont ils atteignent leurs scores sur la décarbonisation de leurs portefeuilles. Toutes les parties prenantes attendent des résultats concrets, des preuves sous forme de mesures de leurs progrès vers leurs objectifs «zéro carbone».

Les gestionnaires pourraient se tourner sur la tangibilité, les facteurs environnementaux, l'engagement actif, la déforestation ou encore la biodiversité.
L’ESG n’est plus réservé à la gestion active

La vieille perception selon laquelle l'ESG était exclusivement réservé à la gestion active a bel et bien été dissipé l'année dernière: tous les gestionnaires passifs ont répondu à la demande des investisseurs en étoffant leur gamme avec des indices répondant aux critères ESG.  L'investissement responsable et social n'est plus qu'un «ajout de convenance» à l'offre de produits de base. Le rapport démontre clairement que les gestionnaires les plus efficaces dans leur communication sur les questions ESG étaient plus susceptibles de voir leur popularité augmenter, contrairement au reste de leur pairs. Un point remarquable à noter lorsqu’une précédente analyse de Peregrine en décembre 2020 révélait que deux tiers des gestionnaires d'actifs dans le monde souffraient d'une baisse de la notoriété de leur marque.

Saturation de certaines questions

A côté des thèmes évidents comme l'environnement, les questions sociales et de gouvernance; le COVID-19 & l’ESG, les sociétés, l'impact ainsi que les employés sont également surindexés dans les médias. Afin de ne pas tomber dans des sujets déjà surreprésentés, les gestionnaires pourraient se tourner sur la tangibilité, les facteurs environnementaux, l'engagement actif, la déforestation ou encore la biodiversité.