Le prix de l’exceptionnalisme américain: une prime de croissance toujours justifiée?

Communiqué, MSCI

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«L’exceptionnalisme américain n’est pas garanti. Il dépend de fondations économiques, institutionnelles et technologiques qu’il convient de surveiller de près», explique Ashley Lester, MSCI Research.

Dans une nouvelle publication (Markets in Focus: The Price of US Exceptionalism | MSCI), Ashley Lester et Anil Rao, chercheurs chez MSCI Research, analysent les raisons pour lesquelles les marchés actions américains continuent de bénéficier d'une prime de valorisation par rapport au reste du monde. Malgré un début d’année 2025 hésitant, la Bourse américaine confirme sa résilience et sa surperformance, ravivant un débat de fond: pourquoi les investisseurs paient-ils toujours plus cher pour la croissance américaine?

Une prime qui dépasse le seul secteur technologique

L’étude démontre que cette prime repose sur des facteurs structurels solides, et non uniquement sur l’attrait pour les géants de la tech. Les entreprises américaines présentent:

  • Des ratios PEG supérieurs à ceux des autres régions, reflétant des attentes de croissance plus rapide et plus durable.
  • Une rentabilité en forte hausse depuis la crise de 2008, notamment grâce à une meilleure productivité.
  • Une longévité exceptionnelle de leur phase de croissance, en lien avec une spécialisation sectorielle (technologie, santé).
  • Une avance marquée dans les dépenses de R&D, les entreprises américaines représentant aujourd’hui plus de 50% des dépenses mondiales dans ce domaine.

Des risques à surveiller

Les auteurs soulignent toutefois que cette position dominante n’est pas infaillible. Plusieurs facteurs pourraient remettre en cause cette prime:

  • Un affaiblissement de la crédibilité économique américaine.
  • Un rattrapage en productivité de la part de l’Europe ou de la Chine.
  • Une inversion des flux de capitaux vers les actifs en dollars.
  • Une concentration boursière excessive: seulement 3% des entreprises cotées expliquent 75% de la hausse de valorisation depuis 2009.

Des enseignements pour les investisseurs

L’étude appelle les investisseurs à une vigilance macro-institutionnelle accrue. Les politiques publiques, la dynamique d’innovation, les flux de capitaux et la stabilité politique deviennent autant de variables clés pour évaluer la durabilité de cette prime.

«L’exceptionnalisme américain n’est pas garanti. Il dépend de fondations économiques, institutionnelles et technologiques qu’il convient de surveiller de près», explique Ashley Lester, MSCI Research.

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