La dé-globalisation s’amorce

Salima Barragan

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Selon David Nowakowski d'Aviva Investors, des technologies de communication incompatibles pourraient émerger.

Après avoir revu ses perspectives économiques à la baisse durant deux années consécutives, Aviva Investors table dorénavant sur la croissance d'un produit intérieur brut global de 3% pour 2020. En revanche, David Nowakowski, Senior Strategist, Multi-Asset & Macro anticipe à moyen-terme une de-globalisation de l’économie. En cause: la guerre commerciale.

Depuis la seconde guerre mondiale, les éEtats avaient patiemment construit un monde économique global qui profitait autant aux pays développés qu’aux émergents. Le GATT puis successivement le WTO en garantissaient la ligne de conduite. Or, depuis l’ère Trump, cet ancien système est en train de s’écrouler. Aux yeux de David Nowakowsi, la guerre des tarifs est le plus grand risque: «A mesure que la dé-globalisation progresse, elle va affecter l’économie en diminuant les taux d’investissement des sociétés et en créant un climat d’incertitudes».

«Chacun pourrait avoir son propre software, hardware, data, internet
et protocole de communication mais ces systèmes seront incompatibles».
LES LIMITES DES BANQUES CENTRALES

Les banques centrales ont œuvré à limiter les dommages collatéraux de la guerre commerciale en permettant aux entreprises de financer leurs dettes à taux bas. Mais leurs efforts n’ont pas suffi et malgré cette manne d’incitation, les entreprises restent prudentes et investissent moins.: «La Fed, la BoJ et la BCE ont stabilisé l’économie, mais la guerre commerciale va perdurer. Dans le futur, la Reserve fédérale fera une pause mais restera accommodante. Néanmoins les banques centrales doivent veiller à ne pas descendre trop bas pour ne pas affecter l’économie négativement», estime le spécialiste qui souligne aussi le nécéssité des relances fiscales pour pallier aux limites de l'expérience des taux négatifs. «Cet environnement de taux est, en fait, naturel car il est causé par les agents économiques, y compris les gouvernements, qui continuent d'épargner», poursuit-il.

VERS UN NOUVEAU MONDE?

La dé-globalisation transformera le monde durablement. «Les puissances se battent pour la suprématie technologique. La Chine souhaite contrôler la prochaine technologie sans fil», estime David Nowakowski qui prédit une séparation possible avec d’un côté la Chine, la Russie, les régions du projet «One Belt» et de l’autre, les pays occidentaux: «Chacun pourrait avoir son propre software, hardware, data, internet et protocole de communication mais ces systèmes seront incompatibles».

NEUTRE SUR LES ACTIONS

Parce que la croissance restera basse, et que la chasse au rendement guidera les investisseurs, Aviva Investors surpondère le crédit. «Autant les bons de trésors américains que la dette de qualité et celle à haut rendement offriront une surcote sur les liquidités. Concernant les actions, la phase de maturité du cycle encourage à la prudence: «La croissance des bénéfices peut encore s’améliorer mais les actions sont plus sensibles à la croissance économique alors que le risque rend le crédit plus attrayant.» Enfin, concernant le marché défensif et coûteux des actions suisses, il ne devrait pas être plus performant que les autres en période de reprise économique. «Néanmoins, lorsque l'environnement est incertain, le franc suisse s'apprécie, ce qui a un impact négatif sur les résultats des entreprises en CHF».