Alors que les taux d’inflation étaient en hausse constante depuis plusieurs mois, la Banque centrale européenne (BCE) a été la première à prendre des mesures. En effet, lors de sa réunion 11 juin 2026, Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a annoncé une hausse du taux directeur de 0,25%, qui passe ainsi de 2,15% à 2,40%. De plus, le marché s’attend désormais à des hausses supplémentaires d’ici la fin de l’année.
La décision de Madame Lagarde a été motivée par l’inflation persistante que l’on connait depuis plusieurs mois, et qui commence à dangereusement rappeler la situation qui prévalait juste avant sa forte hausse en 2021 et 2022. Le niveau actuel des prix a été en partie stimulé par la soudaine montée des cours du pétrole, en raison du conflit entamé par les États-Unis avec l’Iran. Cela dit, le conflit semble toucher à sa fin et les craintes concernant une hausse rapide et démesurée des cours de l’énergie devraient un petit peu s’estomper. Cela ne veut pas dire pour autant que la tendance à une inflation plus élevée va en faire de même. Il faut rappeler que cette tendance était déjà au-dessus de l’objectif de certaines banques centrales, sur une grande partie de l’année passée, notamment aux États-Unis.
C’est en effet du côté de Washington que l’accélération est la plus marquée. Ceci provient en grande partie de la tendance de l’actuelle administration de maintenir d’importants déficits budgétaires, lui permettant de stimuler l’activité économique. C’est dans cette optique que l’année passée, le congrès avait voté la fameuse «Big Beautiful Bill».
L’indice de confiance des consommateurs américains, calculé par l’Université du Michigan, a récemment touché son plus bas historique. Ce qui ressort est que la principale inquiétude des personnes sondées est la hausse généralisée des prix.
Ces éléments ne semblent néanmoins pas inquiéter les marchés, qui continuent à évoluer vers leurs plus hauts historiques. Les investisseurs pariant sur la capacité des banques centrales à contenir la situation sans provoquer de panique sur les marchés, comme la BCE vient de commencer à le faire. Ces prochains mois, les yeux seront plus particulièrement braqués sur la Réserve fédérale américaine (Fed), dont Kevin Warsch vient de prendre la présidence, à la suite de la fin du mandat de Jérôme Powell.
On se souvient qu’une pression politique marquée s’était exercée sur ce dernier durant les mois précédents afin qu’il poursuive la baisse du taux directeur, parmi les plus hauts des pays développés. Il sera intéressant de suivre si cette même pression sera appliquée à Monsieur Warsch qui aura fort à faire pour calmer les inquiétudes.