La construction d’un rendement net de net (après frais et impôts) nécessite une approche globale, permettant d’harmoniser actifs privés, prévoyance, immobilier, passifs, projets de vie ainsi que considérations fiscales (domestiques et internationales). Une approche intégrée permet de maximiser la performance nette de l’ensemble du patrimoine des clients, sans augmenter leur niveau de risque.
L’investisseur qui se limiterait au rendement brut des actifs confiés en gestion pourrait être impacté par une perte ou un manque à gagner lié au «coût de l’inaction».
Appliquer une structuration globale permet d’activer des leviers de performance souvent sous-estimés: répartition stratégique entre fortune privée et prévoyance, gestion multigénérationnelle et multi-juridictionnelle, ou coordination des passifs. Ne pas exploiter ces leviers, c’est laisser une partie du potentiel de votre patrimoine inexploité.
Coordination de la gestion des actifs de prévoyance
La prévoyance est souvent mise de côté car il semble que l’on ne peut avoir une véritable emprise. Mais le cadre législatif suisse offre de nombreuses possibilités intéressantes, à la fois pour investir son patrimoine, améliorer sa prévoyance et limiter sa charge fiscale, car les actifs de prévoyance sont déductibles des impôts sur le revenu et la fortune. Gérés séparément, isolés des autres actifs bancaires, leurs caractéristiques fiscales ne sont généralement pas exploitées de façon optimale.
Le conseil, la planification et la gestion de cet élément important du patrimoine sont essentiels. Et ce, peu importe l’âge, car des stratégies de prévoyance peuvent améliorer la performance globale d’un patrimoine dès 30 ou 40 ans. Le rachat du 2e pilier est par exemple une stratégie incontournable pour optimiser sa fiscalité en Suisse, qu’il convient de planifier de manière personnalisée. En plus de combler les lacunes de cotisation pour la retraite, il offre des avantages fiscaux significatifs.
Impact des dettes et du passif sur le rendement des fonds propres
Pour se constituer un patrimoine solide, de nombreux investisseurs recourent au levier du crédit. Cela étant, cette notion en Suisse est encore trop souvent liée directement au financement de l’immobilier.
Dans la pratique, nous constatons régulièrement des patrimoines massivement investis dans la pierre, offrant un rendement réel souvent faible, parfois à peine supérieur à l’inflation. Couplé à une prévoyance peu, voire pas du tout optimisée, et un niveau d’endettement étonnamment bas, davantage dicté par la prudence que par une stratégie structurée, le rendement du patrimoine global n’est pas maximisé en toute conscience.
Une saine construction de performance avec l’adjonction d’un levier mérite d’être analysée à l’échelle de l’ensemble d’un patrimoine, pas uniquement pour le financement spécifique d’un projet immobilier. Au final, ce sera le niveau de rendement des fonds propres souhaités qui participera à envisager le bon niveau d’endettement global - peu importe que l’endettement soit matérialisé avec un emprunt hypothécaire et/ou un crédit lombard.
En outre, il est pertinent d’élargir le débat en intégrant aussi systématiquement que possible la notion de rendement des fonds propres. Cela signifie que le recours adéquat à l’endettement est un des moteurs de performance possible, aux côtés de l’allocation d’actifs ou de la structuration du mode de détention de certains actifs (multipocket mandates).
Il est donc important d’évaluer toutes les possibilités et de conserver une approche globale, qui devrait retenir l’attention de tout investisseur en Suisse, en particulier pour éviter de conclure trop rapidement au remboursement massif des dettes hypothécaires dès lors que la valeur locative aura été abolie. L’enjeu de la gestion patrimoniale est ailleurs: le rendement des fonds propres que tout un chacun recherche.
Avantages d’une stratégie multigénérationnelle et internationale
Transférer son patrimoine nécessite de l’anticipation et une approche de structuration globale. La matérialisation des conditions de ce transfert par le biais d’un testament n’étant malheureusement pas suffisante. En effet, la fiscalité ne se limite pas à l’impôt à régler par l’investisseur de son vivant. D’autres charges fiscales peuvent survenir, notamment lors de son décès ou en cas de transfert au profit d’un être cher.
En Suisse, les taux d’imposition d’une succession entre parents et enfants sont souvent nuls ou faibles (entre 0% et 7%), tandis qu’ils peuvent atteindre deux chiffres en France, Belgique ou au Royaume-Uni. Deux risques semblent importants à mentionner: ceux liés à la domiciliation des héritiers dans certains pays («situs heirs») et ceux liés à la détention de certains actifs situés sur certains territoires («situs assets»).
S’agissant de la domiciliation des héritiers, certains pays imposent des droits de donation ou de succession sur la part reçue par ces héritiers, quand bien même le défunt ou les actifs transférés ne sont pas situés sur le même territoire. C’est le cas de la législation française. Une personne domiciliée en France depuis plus de six ans au cours des dix dernières années et bénéficiaire d’une donation ou d’une succession «étrangère» serait taxée selon les règles successorales et de donation françaises.
Quant à la notion de «situs assets», la charge fiscale de certains actifs composant la transmission peut naître en fonction de leur situation géographique, même si ni le défunt ou donateur, ni le bénéficiaire de la donation ou de la succession ne sont résidents de ce pays. Cela peut concerner des actifs immobiliers, des actifs financiers ou des biens meubles.
Informées de manière adéquate sur ces sujets économiques et fiscaux, de nombreuses familles prendraient des mesures bien en amont de la donation ou du décès, à des fins de protection du patrimoine familial.
Créer de la valeur avec une approche globale et efficiente
Pour créer de la valeur et maximiser la performance, il faut prendre en compte l’ensemble du patrimoine pour construire une architecture robuste, et éviter une approche en silos. Chaque élément du patrimoine doit être ainsi replacé dans un contexte global, pour évaluer si la structure est optimale, afin que les différents actifs soient gérés au sein d’enveloppes d’investissement adaptées et efficientes.
En effet, la performance de certains investissements peut être sensiblement impactée par la fiscalité applicable à la personne ou au véhicule d’investissement. Et ce qui est important pour les clients, ce n’est pas la performance brute de leurs investissements, mais bien la performance qui leur revient finalement, c’est-à-dire après impôts. À périmètre égal et niveau de risque équivalent, une stratégie de gestion fiscalement efficiente peut permettre de dégager annuellement 1% de performance supplémentaire, ce qui peut faire une différence considérable après 10 ou 20 ans.