Accès à une industrie en rapide évolution: l’hydrogène vert

Salima Barragan

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«L'hydrogène propre est la clé pour réduire les émissions dans les secteurs où l'électrification ne suffira pas», estime Howie Li, chez LGIM.

Les gouvernements sont sur les starting-blocks pour promouvoir l’hydrogène vert. Joe Biden promet de le commercialiser rapidement alors que de l’autre côté de l’Atlantique, l’Europe dévoile pour la première fois sa stratégie en la matière. Plus ambitieuse, la Chine compte ériger Wuhan en cité de l’hydrogène d'ici 2025. Legal and General Investment Management (LGIM), qui prévoit d’ici 2030 le déploiement à grande échelle de l’hydrogène vert à tous les secteurs difficiles à décarboniser, vient de lancer un ETF afin d’offrir aux investisseurs suisses un accès précoce à cette industrie en rapide évolution.

L’électrification ne suffira pas partout

Le marché de l’hydrogène se scinde en trois «couleurs» selon le précédé de production. L’hydrogène gris qui provient du gaz naturel ou du pétrole est pour l’heure la forme la plus répandue. Selon l'AIE, plus de 99% de l'hydrogène utilisé est produit à partir de combustibles fossiles. Hélas, cette dernière émet du CO2 et n’est donc pas une source d’énergie propre. Mais l’hydrogène dit vert, obtenu par électrolyse à partir des énergies renouvelables, ne dégage aucune émission carbone. D’où les multiples incitations à une transition du gris vers le vert - voire le bleu, une troisième forme aussi produite à partir d'un combustible fossile, mais dont les émissions nocives sont capturées et stockées.

Si les énergies renouvelables et les technologies de batteries permettront de tendre vers l'objectif du zéro carbone, certaines industries comme les véhicules de transport de marchandises lourdes, le fret maritime, ainsi que le chauffage des habitations seront plus difficiles à décarboniser. En raison de leur plage limitée, les batteries s’avèrent moins efficaces dans la mobilité industrielle à longue distance tels que les camions miniers et les grands véhicules de tourisme. «L'hydrogène vert est la clé de la réduction des émissions où l'électrification ne suffira pas» estime Howie Li, responsable des ETF chez LGIM.  Mais la conquête de l’hydrogène propre ne s’arrêtera pas là : il soutiendra aussi les pans de l’économie comme la production d'engrais, la sidérurgie et le raffinage de pétrole qui dépendent de l'hydrogène gris.

Seule ombre au tableau : le coût de la technologie. Mais le spécialiste s’attend à une diminution drastique du prix des électrolyseurs utilisées pour la production de l’hydrogène vert : «L’industrie est en phase de dépenses d’investissement de capital. Le projet de base nécessaire existe déjà, mais la technologie a juste besoin de plus de recherche et développement ainsi que d'amélioration, argumente Howie Li. De même, les énergies renouvelables qui alimentent les électrolyseurs sont en fléchissement. Selon un rapport de Bank of America, le prix des énergies éoliennes et solaires a baissé de 70% à 90% durant la décennie écoulée. D’ici 2010, elles devraient encore perdre entre 40% à 60% de leur niveau actuel.

Enthousiaste sur le perspectives futures, LGIM vise une croissance annuelle attendue de 15% sur l’ensemble de la chaine de valeur (de la production d’hydrogène vert à la fabrication d’électrolyseurs, en passant par les citernes à carburant, jusqu’à l’approvisionnement et la distribution) avec un ETF lancé en février qui offre un accès diversifié et équipondéré à une palette de grandes capitalisations boursières à travers des sociétés telles que ITM Power, Plug Power, Air Liquide, Linde et Ceres Power.

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