Emprunter est devenu plus difficile dans la zone euro et les ménages comme les entreprises demandent moins de crédits, a indiqué mardi la Banque centrale européenne. Cela conforte les attentes d’un maintien des taux lors de sa réunion jeudi.
Selon l’enquête trimestrielle sur la distribution du crédit bancaire (BLS), les banques de la zone euro ont signalé au troisième trimestre un «nouveau durcissement» net des critères appliqués par les banques pour accepter de prêter aux entreprises, sous l’effet d’une «moindre tolérance au risque», selon un communiqué.
Cette frilosité des banques concerne aussi le crédit à la consommation, tandis que les critères appliqués aux prêts immobiliers sont restés globalement inchangés.
Cela se retrouve dans les conditions générales appliquées aux prêts qui se sont durcies dans tous les segments, principalement en raison de la hausse des taux d’intérêt, poursuit la BCE.
Les banques ont aussi fait état d’une augmentation de la proportion de demandes de prêts rejetées, particulièrement marquée pour le crédit à la consommation.
Dans le même temps, la demande de crédit s’est contractée chez les entreprises et de manière plus prononcée pour les prêts immobiliers.
Le niveau des taux d’intérêt reste le principal facteur de ce repli, devant la faiblesse de la confiance des ménages et les perspectives moins favorables du marché immobilier.
Pour le quatrième trimestre, les banques anticipent un nouveau durcissement des critères pour les entreprises et un resserrement marqué pour les prêts immobiliers et le crédit à la consommation.
Il ressort de l’enquête que le relèvement des taux par la BCE depuis juin commence à se transmettre à l’économie réelle, avec pour objectif de contrer les pressions inflationnistes liées notamment à la flambée des prix de l’énergie dans le contexte des tensions au Moyen-Orient.
Des taux plus élevés rendent les emprunts plus coûteux, freinant la demande dans l’économie et, à terme, l’inflation.
Autre enseignement, les banques indiquent que l’intelligence artificielle et les risques associés sont désormais davantage pris en compte dans l’évaluation qualitative des emprunteurs.
Elles anticipent également une hausse graduelle mais durable de la demande de financement pour les infrastructures liées à l’IA, notamment les centres de données.