Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) est apparu mardi préoccupé par l’atonie du marché du travail aux Etats-Unis, deux semaines avant une réunion à l’issue de laquelle une baisse des taux d’intérêt est attendue.
Les responsables de la banque centrale se trouvent dans une situation délicate, le blocage budgétaire («shutdown») ayant suspendu la publication des indicateurs officiels sur lesquels ils fondent en grande partie leur jugement.
«Bien que les données officielles sur l’emploi pour septembre soient retardées, les éléments disponibles suggèrent que les licenciements et les embauches restent faibles», a déclaré Jerome Powell lors d’un événement organisé par l’association américaine des économistes d’entreprise (NABE) à Philadelphie (est).
Quant aux baromètres réguliers, réalisés par des acteurs privés, ils montrent que les ménages trouvent que les opportunités se font rares sur le marché du travail, tandis que les entreprises ont moins de mal à trouver de la main-d’oeuvre, a-t-il souligné.
En matière de politique monétaire, la Fed est chargée de fixer ses taux d’intérêt en soupesant la situation sur le marché de l’emploi, d’un côté, et le niveau des prix de l’autre.
Elle a diminué ses taux directeurs le mois dernier pour la première fois de 2025 devant un marché du travail qui apparaissait déjà vaciller, et malgré l’accélération de l’inflation.
Les investisseurs s’attendent à ce que ce soit le début d’un cycle de détente, avec deux autres baisses anticipées d’ici la fin de l’année, à chacune des réunions de politique monétaire programmées (fin octobre et en décembre).
M. Powell a souligné que l’économie américaine envoyait des signaux a priori contradictoires: «Un très faible volume de créations d’emplois mais des dépenses de consommation qui se maintiennent et soutiennent la croissance.»
Plus tôt dans la journée, la vice-présidente de la Fed Michelle Bowman a affirmé qu’elle penchait toujours pour deux baisses de taux d’ici la fin de l’année.
D’autres responsables monétaires ont paru plus réticents ces derniers temps, inquiets de la reprise de l’inflation.
M. Powell, lui, a considéré mardi que les hausses de prix restaient surtout cantonnées aux biens, ce qu’il attribue aux droits de douane mis en place par l’exécutif américain. Il a aussi observé que les anticipations concernant l’inflation future n’avaient pas dérapé - situation qui alarmerait la Fed.
Jerome Powell a par ailleurs prévenu que l’institution pourrait cesser «dans les mois à venir» de vendre des actifs pour réduire la taille de son bilan.
Ce dernier avait explosé au début de la pandémie de Covid-19, lorsque la banque centrale américaine avait acheté des milliards de dollars de bons du Trésor et autres actifs, afin de permettre à l’économie de continuer à fonctionner.
Son bilan avait presque doublé, frôlant les 9000 milliards de dollars. Il a été progressivement abaissé pour atteindre 6500 milliards de dollars au dernier décompte.