USA: l’emploi faiblit à l’approche des élections de mi-mandat

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Au mois de juillet, le marché de l’emploi US a perdu 23’000 postes, alors même que les analystes anticipaient une hausse modeste, de l’ordre de 83’000 emplois sur la période.

Le marché de l’emploi aux Etats-Unis a montré des signes d’essoufflement en juillet, une mauvaise nouvelle pour le président américain Donald Trump alors que le pouvoir d’achat reste la principale préoccupation des Américains à quelques mois des élections de mi-mandat.

Au mois de juillet, le marché de l’emploi américain a perdu 23’000 postes, alors même que les analystes anticipaient une hausse modeste, de l’ordre de 83’000 emplois sur la période, selon le consensus publié par MarketWatch.

Les mois précédents ont aussi connu une forte révision à la baisse: le service statistique du ministère du Travail (BLS) a en effet retiré 103’000 emplois durant la période par rapport aux estimations initiales. Au final, seuls 83’000 emplois ont été créés sur les deux mois.

Mais dans le même temps, le taux de chômage, que les investisseurs s’attendaient à voir inchangé à 4,2%, a reculé pour s’installer à 4,1%.

Deux tendances a priori contradictoires qui trouvent malgré tout leur explication dans une troisième donnée: le taux de participation au marché de l’emploi.

Ce ratio prend en compte le nombre de personnes participant au marché de l’emploi comparé au nombre de personnes en âge de travailler. Or, il a reculé de 0,7 point depuis le début de l’année.

Cela représente plusieurs centaines de milliers de personnes en âge de travailler qui ne font plus partie du marché de l’emploi, soit parce qu’ils profitent d’une forme de retraite anticipée soit parce qu’ils se sont tout simplement exclus du marché du travail ou en ont été exclus.

«L’ampleur de l’écart» entre les attentes et la réalité du marché de l’emploi montre «qu’il pourrait être en train de perdre sa lancée et ne peut plus être considéré comme un élément de solidité», a estimé dans un commentaire le responsable de la stratégie d’investissement Allianz Investment Management, Charlie Ripley.

Au total, 6,9 millions d’Américains sont au chômage, dont 1,8 million qui sont considérés comme étant en chômage longue durée (27 semaines ou plus).

Signal inquiétant pour la Fed

La destruction d’emplois concerne en premier lieu des secteurs tels que l’éducation publique au niveau local, le commerce de proximité et, dans une moindre mesure, les services financiers.

A l’inverse, le secteur de la santé, qui est depuis de nombreux mois le principal pourvoyeur d’emplois aux Etats-Unis, a continué sur sa lancée mais sur un rythme un peu plus modeste comparé aux mois précédents.

En ce qui concerne le secteur manufacturier et des matières premières, qui sont ceux sur lesquels Donald Trump a concentré son attention, ils n’ont quasiment pas connu d’évolution, tant pour le secteur minier ou de l’extraction d’hydrocarbures que pour la construction et l’industrie.

Enfin, l’hôtellerie et la restauration ainsi que les loisirs ont connu peu de variation, malgré la tenue de la Coupe du monde durant cette période, qui s’est principalement déroulée aux Etats-Unis.

La conséquence de ces statistiques de l’emploi est que «cela devrait abaisser les attentes en faveur d’une hausse des taux de la Réserve fédérale dans les prochains mois», a jugé dans une note la cheffe économiste de Nationwide, Kathy Bostjancic.

Cependant, «les rapports sur l’inflation vont être essentiels» pour la Fed, avant que l’institution ne prenne une décision, a-t-elle ajouté.

La Réserve fédérale (Fed) a maintenu ses taux inchangés lors de sa dernière réunion, en juillet, les conservant dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%, malgré une inflation persistante aux Etats-Unis.

Mais, signe des tensions au sein de son comité de politique monétaire (FOMC), trois membres se sont prononcés en faveur d’une hausse des taux, jugeant que cela faisait bien trop longtemps que l’inflation n’était pas revenue proche de l’objectif de la Fed de 2%.

La Fed a une double mission: le maintien d’une hausse des prix à un niveau modéré et le plein emploi; le fait que le marché de l’emploi reste jusqu’ici solide lui a permis de se concentrer avant tout sur l’inflation pour ses décisions de politique monétaire.

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