L’IA ne permettra pas de compenser les départs à la retraite ces dix prochaines années. Dans le secteur des soins, de l’artisanat et des transports, elle facilitera certaines tâches mais ne remplacera pas l’humain. En revanche, les métiers du développement de logiciel ou du marketing seront plus impactés.
Au cours des dix prochaines années, environ 900’000 actifs atteindront l’âge de la retraite, soit un actif sur cinq. L’intelligence générative (IA) ne pourra compenser que très partiellement ce choc démographique, montre une analyse du cabinet d’audit Deloitte publiée jeudi et portant sur 280 métiers en Suisse.
Les besoins de remplacement liés au vieillissement sont particulièrement élevés dans les métiers axés sur les personnes. Dans les professions de la santé, 22’000 salariés, soit 23% de cette catégorie professionnelle, sont âgées de plus de 55 ans et plus. Chez les conducteurs de bus et de trams, elle atteint 35%.
Automatisation limitée
Or c’est précisément dans ces secteurs que le potentiel d’automatisation proposé par les systèmes d’IA générative actuellement disponibles reste limité.
Les systèmes de l’IA peut aider pour des tâches administratives, mais ils seront peu utiles pour la prise en charge de personnes âgées, pour enseigner aux enfants ou effectuer un travail physique. La pénurie de main-d’œuvre dans ces métiers devrait donc persister malgré l’IA et s’aggraver encore dans les années à venir, note l’étude de Deloitte.
A l’opposé, d’autres emplois dans les domaines du développement logiciel, du marketing, du conseil juridique présentent un potentiel de transformation par l’IA très élevé. Des suppressions de postes ne sont pas à exclure. L’automatisation des tâches risque aussi de faire disparaître les places d’entrée de carrière permettant traditionnellement aux jeunes d’acquérir de l’expérience.
Défi pour les entreprises
Pour Michael Grampp, économiste chez Deloitte, la Suisse doit revoir son système éducatif en revalorisant la formation professionnelle. La Suisse n’a pas besoin de maximiser la proportion de personnes diplômées de l’enseignement supérieur, mais elle doit établir un juste équilibre entre qualifications professionnelles et universitaires, selon lui.
Quant aux entreprises, elles doivent repenser les métiers et déterminer comment le potentiel de l’IA va influencer certaines tâches de bureau. Le défi pour elles est «de réfléchir à la manière dont elles peuvent créer davantage de valeur grâce à l’IA», selon Antonio Russo, responsable Innovation chez Deloitte Suisse.