Le colosse pharmaceutique Novartis a observé au troisième trimestre 2025 un nouveau ralentissement de sa croissance, destinée à s’évaporer complètement sur le quatrième partiel. Invoquant un manque à gagner lié à la concurrence de versions génériques de ses principaux moteurs de vente, la direction espère néanmoins imprimer une nouvelle dynamique aux ventes dès l’année prochaine.
De 15% hors effets de changes sur le premier trimestre, la croissance s’est étiolée à 11% sur le deuxième, puis à 7% sur le troisième, pour un chiffre d’affaires de 13,91 milliards de dollars (11,07 milliards de francs).
Coup de scalpel dans les marges
La rentabilité s’est par ailleurs émoussée entre juillet et fin septembre, la marge opérationnelle (Ebit) ajustée égarant une huitantaine de points de base à 39,3% et bridant l’essor du résultat afférent à 6,1%, pour un excédent de 5,46 milliards de dollars.
Le bénéfice net ajusté s’est enrobé de 4,8% à 4,33 milliards, égraine le compte-rendu intermédiaire diffusé mardi. Eléments non récurrents compris, le bénéfice net s’est envolé d’un quart à 3,93 milliards.
L’impact sur les recettes de la concurrence de génériques est devisé à 7%, mais a pour l’heure épargné le produit le plus rémunérateur pour le groupe.
Entresto au rupteur
Les ventes d’Entresto se sont stabilisées à 1,88 milliard de dollars, pour afficher encore une progression de 15% sur les neuf premiers mois de l’année. Les traitements hématologique Promacta et oncologique Tasigna en revanche ont vu leurs contributions s’assécher de respectivement 36% à 362 millions et 47% à 221 millions.
Ces déclins ont été plus que compensé par l’essor notamment des revenus du Kisqali contre le cancer du sein, de 69% à 1,33 milliard de dollars, ainsi que du Kesimpta contre la sclérose en plaques, de 46% à 1,22 milliard. Le Scemblix contre la leucémie a pratiquement doublé ses recettes à 358 millions et celles de l’anticholestérol Leqvio ont enflé de 56% à 308 millions. Lancé fin 2023, le traitement hématologique Fabhalta a explosé de 236% à 105 millions.
La performance comble généreusement les projections des analystes consultés par AWP en termes de ventes, mais pêche en termes de rentabilité opérationnelle.
Plan de vol reconduit
La direction campe sur ses ambitions pour l’ensemble de l’exercice. La croissance prévue des recettes doit venir chatouiller les 10%, quand celle de l’Ebit ajusté doit dépasser de peu cette marque.
«Nous allons progresser en 2026 tant en termes de recettes que de résultats», a promis en téléconférence de presse le directeur général Vasant Narasimhan. L’ampleur de ladite croissance attendue ne sera toutefois pas quantifiée avant la publication des résultats annuels.
Selon le directeur financier, Harry Kirsch, «les produits des génériques devraient peser sur l’évolution des marges». La marge opérationnelle de base restera à 40% avant de baisser légèrement, selon lui. Dès 2029, elle devrait retrouver le seuil des 40%.
A la Bourse, l’action Novartis a terminé en chute de 4,16% à 98,87 francs, dans un SMI en baisse de 1,34%.