Novartis se désengage de Consumer Health pour 13 milliards

AWP

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Le groupe pharma du CEO Vas Narasimhan cède sa part de 36,5% à son partenaire britannique Glaxosmithkline. Le titre part à la hausse.


© Keystone

Novartis a annoncé mardi avoir vendu sa participation dans la coentreprise pour les médicaments sans ordonnance (Consumer Health) à son partenaire britannique Glaxosmithkline (GSK) pour 13 milliards de dollars en numéraire. Ce désengagement permet au groupe pharmaceutique bâlois de se concentrer sur ses «priorités stratégiques», notamment en Chine.

Novartis va céder à GSK sa participation de 36,5% dans la joint-venture Consumer Health. Selon le directeur général (CEO) du géant rhénan, Vas Narasimhan, «le temps est venu de vendre à un prix intéressant une activité ne figurant pas dans le coeur de métier», tout en admettant que cette activité «se développe bien».

La vente permet à Novartis de renforcer ses fonds propres, d’améliorer le rendement pour les actionnaires et de procéder à des acquisitions complémentaires, a ajouté sans plus de détail le nouveau patron du groupe, qui a pris ses fonctions début février.

La coentreprise avec GSK avait été conclue en 2015 dans le cadre de la réorganisation des activités de Novartis. Les deux groupes avaient réuni leurs activités de médicaments sans ordonnance dans la coentreprise désormais dissoute.

L’opération de cession doit être clôturée au deuxième trimestre.

Le prédécesseur de M. Narasimhan, Joseph Jimenez, avait été plus optimiste au sujet de cette coentreprise. L’année dernière, il avait encore assuré ne pas avoir perdu d’intérêt pour la joint-venture avec GSK qui génère une plus-value notamment en termes de recettes. Selon le dernier rapport annuel du groupe, la participation de Novartis dans Consumer Health a dégagé en 2017 des recettes de 291 millions de dollars, contre seulement 36 millions l’année précédente.

INTÉRÊT PARTICULIER POUR LA CHINE ET L’ASIE

M. Narasimhan a été plus explicite sur les projets du groupe, dans un entretien à Bloomberg TV, où il a notamment évoqué les objectifs de Novartis en Chine. «Nos activités en Chine représentent aujourd’hui 2 milliards de dollars et notre objectif sur les cinq prochaines années est de doubler nos activités» dans ce pays, a-t-il indiqué.

«Nous devons évaluer toutes les options pour créer de la valeur» en focalisant notamment sur des acquisitions complémentaires permettant de renforcer le groupe dans le numérique, a dit le patron. Ce dernier a souligné évaluer également régulièrement la participation dans le concurrent Roche.

Concernant de potentielles acquisitions, M. Narasimhan a indiqué évaluer des cibles de rachat au niveau mondial. «Nous sommes intéressés à développer notre présence dans certains marchés clés, la Chine et l’Asie représentant un intérêt particulier», a-t-il ajouté.

Bon accueil à la Bourse

A la Bourse suisse, ces nouvelles recevaient un accueil favorable des investisseurs. Le titre Novartis s’appréciait en effet de 1,6% à 75,56 francs. L’indice vedette SMI progressait pour sa part de 1,29% à 09h37.

La Banque cantonale de Zurich (ZKB) a rappelé que Novartis disposait depuis la création de la coentreprise en 2015 d’une option de vente à partir du 2 mars 2018 et jusqu’en 2035. Le prix de vente a été jugé «équitable» par l’établissement et l’opération démontre que le nouveau CEO «ne perd pas de temps» pour transformer le groupe.

Les analystes de Vontobel se sont par contre déclarés surpris, après «les efforts importants concédés pour intégrer la coentreprise et qui commencent à porter leurs fruits avec une accélération de la croissance et des marges». La banque zurichoise s’attendait à un prix de vente de 16 milliards de dollars.

Du coup, de plus importantes acquisitions pourraient être à l’ordre du jour, l’ex-patron de Novartis, Joseph Jimenez, ayant évoqué des rachats complémentaires entre 12 milliards et 15 milliards de dollars. Novartis devrait notamment renforcer sa gamme de produits, au vu des expirations de brevet notamment sur des médicaments comme Gilenya et Afinitor.