Le prix de l’or a reculé cette semaine, la récente flambée des prix de l’énergie provoquée par la reprise des hostilités au Moyen-Orient continuant d’alimenter les anticipations d’un relèvement des taux directeurs aux Etats-Unis.
Le ralentissement de l’inflation américaine en juin, démontré cette semaine par les statistiques sur les prix à la consommation et à la production, a pourtant atténué les attentes des marchés quant à une nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale (Fed) d’ici à la fin du mois.
Des obligations américaines et un dollar moins attractifs profitent théoriquement au métal jaune, valeur refuge concurrente.
Mais ces données n’ont «procuré qu’un soutien temporaire au prix de l’or», indique Thu Lan Nguyen, de Commerzbank.
Car si «à court terme, le potentiel de hausses de taux supplémentaires devrait rester limité», les investisseurs continuent d’anticiper un nouveau relèvement cette année, «l’escalade persistante du conflit au Moyen-Orient» continuant d’alimenter la flambée des prix de l’énergie, résume l’analyste.
Les Etats-Unis ont bombardé l’Iran pour la sixième nuit de suite vendredi et Téhéran les a accusés d’avoir fait des victimes en visant des infrastructures civiles. Plusieurs pays alliés de Washington au Moyen-Orient ont de leur côté dit avoir été ciblés par des attaques, marquant une nouvelle intensification de la guerre.
Vendredi, vers 14H05 GMT (16H05 à Paris), l’once d’or (31,1 g) s’échangeait à Londres à 3393,12 dollars, contre 4119,93 dollars à la clôture la semaine passée.
Pour des raisons similaires à l’or, l’argent, également considéré comme une valeur refuge, a atteint vendredi un plus bas depuis novembre 2025, à 54,7775 dollars l’once.
Le plomb plombé
Le cours du plomb, utilisé dans les batteries, la toiture ou encore la soudure, a été lesté cette semaine par des stocks records qui laissent présager une offre trop abondante par rapport à la demande cette année.
Cette semaine, «les stocks du LME, déjà orientés à la hausse depuis trois ans, ont encore bondi de 160'000 tonnes et atteint un nouveau record d’environ 450'000 tonnes», indique Barbara Lambrecht, de Commerzbank.
Le prix du plomb avait plongé comme celui des autres métaux non ferreux en avril 2025 avec l’instauration de droits de douane sur les métaux de base aux Etats-Unis.
Le plomb est considéré comme un métal «frère» du zinc, auquel il est souvent associé dans les gisements.
Si le groupe d’étude international du plomb et du zinc (ILZSG) a dévoilé jeudi «un léger excédent du marché sur les cinq premiers mois de l’année», dans ses perspectives publiées au printemps, l’organisme avait prévu un surplus «conséquent» de près de 110'000 tonnes pour l’année 2026, note l’analyste de Commerzbank.
Celle-ci l’explique «en partie parce que la demande chinoise devrait s’affaiblir à mesure que diminuent les besoins associés à la fabrication de batteries» automobiles.
Vendredi, une tonne de plomb coûtait 1878 dollars sur la Bourse des métaux de Londres (LME), contre 1896,50 dollars à la clôture la semaine dernière.
Le cacao coule
Les prix du cacao sont retombés cette semaine, en raison d’informations rassurantes sur les récoltes et de la faible demande, en particulier vers l’Europe.
Une grosse récolte «est arrivée en Afrique de l’Ouest et les pluies ont été favorables pour la prochaine récolte», note Jack Scoville, de Price Futures Group.
En dehors de cette région, l’analyste relève aussi des informations «faisant état d’un potentiel de production accru dans d’autres pays», notamment en Asie et en Amérique centrale.
A l’échelle mondiale, «la demande reste contrastée», et «les prix élevés du cacao continuent de peser sur la demande de chocolat» en Europe, comme le prouvent les données du broyage en déclin, soulignent les analystes de CocoaRadar Market Intelligence.
La semaine dernière pourtant, les craintes autour du phénomène climatique El Niño avaient poussé les cours du cacao à leurs plus hauts depuis début novembre 2025 sur les deux marchés, londoniens et new-yorkais.
Vendredi, la tonne de cacao négociée à New York, pour livraison en septembre, évoluait à 5522 dollars, contre 6065 dollars il y a sept jours à la clôture.
A Londres, la tonne de cacao pour livraison en décembre valait 4147 livres, contre 4499 livres une semaine plus tôt en fin de séance.