Marchés virevoltants et cotation record, les banques US repues au 2e trimestre

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Une salve bancaire a ouvert le bal trimestriel, dépassant toutes les attentes des analystes qui avaient pourtant anticipé une progression d’une année sur l’autre, à commencer par JPMorgan qui s’est félicitée de records «dans toutes les branches».

Les grandes banques américaines ont dévoilé mardi des résultats en forte hausse au deuxième trimestre, profitant de fluctuations des marchés financiers et de moult opérations boursières, en particulier la cotation record de SpaceX à Wall Street.

Une salve bancaire a ouvert le bal trimestriel, dépassant toutes les attentes des analystes qui avaient pourtant anticipé une progression d’une année sur l’autre.

JPMorgan Chase, première banque américaine par la taille des actifs, s’est félicitée de records «dans toutes les branches».

«Ces résultats sont le produit d’un environnement particulièrement favorable avec un niveau élevé d’activité sur les marchés», a notamment expliqué Jamie Dimon, PDG du groupe, dans un communiqué.

La banque d’affaires et d’investissement (+27%) a eu des «performances bien supérieures à nos prévisions», a-t-il salué, précisant que les commissions en banque d’investissements avaient bondi de 30%, pour atteindre un record depuis 2021.

Même son de cloche du côté de la banque d’affaires Goldman Sachs qui a, elle aussi, tiré profit de la volatilité des marchés avec la guerre au Moyen-Orient et de l’introduction en bourse record de SpaceX mi-juin.

La société aérospatiale d’Elon Musk a levé au final 85,7 milliards de dollars grâce à la forte demande, contre 75 milliards prévus initialement. Elle a généré des commissions estimées à 500 millions de dollars pour le pléthorique syndicat des banques-conseils.

Bank of America a vu son chiffre d’affaires lié aux levées de fonds des entreprises sur les marchés (augmentations de capital, cotations, etc.) bondir de 50% sur un an. Les commissions perçues par Goldman Sachs sur les émissions d’actions ont plus que doublé.

Boom de l’IA

Le secteur de la tech, surtout les entreprises connectées à l’intelligence artificielle, est particulièrement dynamique et affiche des valorisations parfois hors du commun.

Wall Street a par exemple accueilli en mai la start-up de puces électroniques Cerebras (5,5 milliards levés) et, vendredi, le fabricant de puces mémoire sud-coréen SK hynix (26,5 milliards).

Plusieurs banques ont évoqué mardi un «pipeline» - opérations en préparation - très prometteur.

OpenAI et Anthropic, spécialistes de l’intelligence artificielle générative, ont récemment déposé leur dossier d’introduction, avec des valorisations proches des 1000 milliards.

Une nouvelle manne de commissions en vue pour les banques-conseils. Et des perspectives alléchantes aussi côté investissements et financements, pour notamment bâtir les vastes infrastructures nécessaires.

David Solomon, patron de Goldman Sachs, a reconnu lors d’une audioconférence des analystes, que cela représentait «beaucoup d’opportunités», tout en anticipant «des cahots et des recalibrages parce qu’il y a beaucoup d’incertitudes».

Les opérations boursières ont également stimulé les transactions sur les marchés, générant de confortables commissions pour les activités de courtage et de gestion d’actifs et de fortune.

Citigroup a profité à plein de cet essor, voyant ses activités de marchés augmenter de 17% sur un an.

Du côté de JPMorgan Chase, l’activité élevée de la clientèle et une demande pérenne dans les émissions d’actions ont fait bondir de 35% le chiffre d’affaires des produits de marché.

Cet environnement favorable a aussi étoffé sa gestion de fortune, qui a enregistré un record de près de 44.000 primo-investisseurs.

La branche Gestion d’actifs et de fortune (AWS) de Goldman Sachs a vu son chiffre d’affaires gonfler de 20%. Celle de Bank of America a gagné 16% sous l’effet d’un bond de 19% des commissions en gestion d’actifs.

Goldman Sachs a par ailleurs mentionné «une hausse significative du chiffre d’affaires net dans les produits liés aux taux d’intérêt et aux matières premières».

Avec le conflit au Moyen-Orient, les cours du pétrole ont connu de brusques variations au deuxième trimestre.

Vers 18H35 GMT, Wall Street constatait une hausse des actions Bank of America (+1,45%), JPMorgan Chase (+1,59%) et Goldman Sachs (+7,87%) mais un repli de 5,26% de Citigroup.

Selon M. Dimon, l’économie américaine a fait «preuve d’une résilience notable cette année, avec des investissements d’entreprises et des recrutements supérieurs».

Il a néanmoins prévenu de «plusieurs risques évoluant sous la surface telles des plaques tectoniques», faisant référence «aux tensions géopolitiques et aux guerres, à une inflation tenace, aux importants déficits budgétaires dans le monde et au niveau élevé des prix des actifs».

«Nous ne pouvons prédire leur évolution (...) mais elles pourraient provoquer des perturbations importantes si elles devaient bouger ou se percuter», a-t-il poursuivi dans sa métaphore géologique.

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