La recrudescence du tourisme d’achat met en difficulté les détaillants suisses. Au premier semestre, les activités, mesurées à l’aune des transactions par cartes de crédit et de débit, sont en baisse, selon le relevé de la faîtière Swiss Retail Federation publié mercredi.
La baisse du chiffre d’affaires de l’ensemble de la branche est estimé à 1,9% au premier semestre, par rapport à la même période de l’année précédente. Le bilan est particulièrement négatif dans le commerce stationnaire, qui essuie un repli de 2,2%, tandis que le commerce en ligne inscrit une légère hausse (+0,8%).
Le commerce de détail suisse a connu un premier semestre «très difficile», écrit la faîtière. En cause, les incertitudes politiques et économiques, liées notamment aux conflits armés et aux querelles géopolitiques commerciales, qui pèsent sur le moral des consommateurs et affectent la demande intérieure, selon elle.
Certains segments, les loisirs et les jouets, l’habillement, ainsi que la bijouterie et horlogerie ont particulièrement souffert.
Le tourisme d’achat pèse sur les chiffres d’affaires du commerce stationnaire. Selon les données des transactions par carte bancaire, le deuxième trimestre s’est soldé par une hausse de 6% des transactions dans les zones frontalières. L’abaissement de la franchise exemptée de TVA de 300 à 150 francs depuis le début d’année ne semble pas avoir découragé les achats transfrontaliers. «Nous partons du principe que l’abaissement à 150 francs n’a quasiment pas eu d’effet sur le tourisme d’achat», a indiqué Dagmar Jenni, la directrice de Swiss Retail Federation.
Pour la deuxième moitié de l’année, l’espoir est de voir le commerce de détail reprendre des couleurs. «Nous ne tablons pas sur un rebond», relève toutefois la directrice.
La Swiss Retail Federation représente 1900 détaillants dotés de 6800 points de vente en Suisse et générant plus de 26 milliards de francs de recettes.