Le yen continue sa course en avant mercredi, porté par le volonté affichée par le gouvernement américain de soutenir la devise, qui profite aussi de perspectives renforcées de hausses des taux directeurs japonais.
Vers 18H20 GMT, la monnaie nippone reprenait 0,33% au billet vert à 153,48 yens pour un dollar. En un peu plus d’une semaine elle s’est envolée de plus de 4,2%, un mouvement prononcé pour le marché des changes.
Cette hausse brutale a déclenché les suspicions des acteurs du marché quant à un coup de pouce des autorités japonaises.
Tokyo et Washington étaient déjà intervenus conjointement fin juillet sur le marché des changes pour soutenir la devise japonaise qui évoluait alors à son plus bas en quatre décennies face au dollar.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a mis au défi mardi les investisseurs de contrer ses efforts visant à renforcer le yen.
«C’est moi qui suis aux commandes maintenant (...) et vous pouvez parier contre moi si vous le souhaitez», a-t-il déclaré, assurant disposer d’informations lui permettant d’anticiper les prochains mouvements des «décideurs politiques japonais», dont la banque centrale du pays.
«Les opérateurs interprètent les déclarations de M. Bessent comme un signe clair d’une coordination active entre les États-Unis et le Japon en matière d’interventions sur le yen», jugent les analystes de Monex USA.
Pour Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management, le rebond du yen s’explique aussi «parce que le marché anticipe un nouveau resserrement monétaire de la Banque du Japon» lors de sa réunion la semaine prochaine.
«Si celle-ci décidait de ne pas agir rapidement, ce soutien pourrait disparaître très vite et rouvrir la voie à une dépréciation» de la devise, prévient M. Innes.
En attendant, le dollar souffre de cette dynamique, malgré la flambée des prix du pétrole et des coûts d’emprunt.
«Les fluctuations brutales du yen et le retour d’une prime de risque liée à la politique américaine ont brouillé le signal émis par le pétrole et les rendements», estime Kevin Ford, de la plateforme Convera.
«Les investisseurs semblent moins enclins à considérer la hausse des rendements des bons du Trésor comme un facteur de soutien automatique à l’achat du dollar», ajoute-t-il.