Le dollar progresse légèrement mercredi, après une hausse des prix à la production en février aux Etats-Unis plus forte que prévue, les investisseurs anticipant un statu quo de la Réserve fédérale (Fed), tout en restant attentifs à un possible ralentissement à venir de ses baisses de taux.
L’indice des prix à la production (PPI) américains a progressé de 0,7% en février, davantage que les 0,3% projetés par les analystes sondés par Bloomberg.
Vers 12H50 GMT (13H50 HEC), la devise américaine prenait 0,22% par rapport à l’euro, à 1,1514 dollar, et 0,24% face à la livre.
Lundi, le billet vert avait reflué face aux principales devises, en même temps que s’apaisait la flambée les cours des hydrocarbures engendrée par la guerre au Moyen-Orient. Le dollar avait poursuivi sa baisse mardi, malgré des cours du brut dans le vert ce jour-là.
Francesco Pesole, analyste chez ING, voit dans ce «rare cas de décalage observé entre les prix du pétrole et le dollar depuis le début du conflit iranien» un indice que «les marchés se concentrent - au moins cette semaine - sur les réactions des banques centrales, compte tenu également du peu de signes d’une désescalade imminente» au Moyen-Orient.
Le marché s’attend dans son écrasante majorité à ce que la banque centrale américaine laisse ses taux directeurs inchangés mercredi, entre 3,5% et 3,75%, à l’issue de deux jours de réunion, même si le vote pourrait ne pas être unanime.
Les investisseurs seront particulièrement attentifs à l’actualisation des anticipations des membres de la Fed en matière d’évolution des taux, aussi appelée «dot plot».
Face à l’envolée des prix de l’énergie et à l’inflation, les économistes d’ING pensent que la Fed reportera à 2027 la baisse des taux initialement prévue en 2026, rapporte Benjamin Schroeder, également analyste pour cette banque.
Autre point qui sera surveillé: la conférence de presse que doit tenir le président de la Fed, Jerome Powell, dans la foulée de l’annonce de la décision de l’institution mercredi.
«Une trop grande préoccupation face aux pressions inflationnistes liées à la flambée des prix de l’énergie pourrait nuire au moral des marchés» boursiers et obligataires, note Kathleen Brooks, analyste de XTB, et porter le dollar.
«A l’inverse, une attention insuffisante pourrait amener les marchés à remettre en question la crédibilité de la Fed», résume l’analyste.
Les banques centrales du Canada et du Brésil doivent également se prononcer sur leurs taux mercredi.
Aucun mouvement n’est attendu de la part de la Banque du Japon, de la Banque centrale européenne (BCE), de la Banque d’Angleterre, de la Banque nationale suisse (BNS) et de la Banque de Suède, qui rendront, elles, leurs décisions jeudi.