Le dollar stagne mercredi, avant l’annonce de la Réserve fédérale (Fed) sur ses taux, qui devraient rester inchangés de l’opinion majoritaire des marchés, ce qui risque de décevoir une partie des investisseurs.
«Si la Fed poursuit sa pause, le dollar pourrait couler», a estimé Kathleen Brooks, analyste chez XTB, selon qui «la question est de savoir si son nouveau président, Kevin Warsh, pourrait surprendre les marchés financiers avec une hausse».
Les taux directeurs américains sont fixés entre 3,50% et 3,75% depuis décembre, bien que l’inflation soit repartie à la hausse ces derniers mois aux Etats-Unis, principalement du fait de la guerre au Moyen-Orient.
Les acteurs du marché misent sur un statu quo, mais, fait inhabituel, ils attribuent encore une probabilité supérieure à 30% à un relèvement d’un quart de point, selon l’outil de veille du CME, FedWatch.
Ces avis divergents peuvent aussi s’expliquer par la volonté de M. Warsh, de ne plus donner en amont d’indication sur la direction que pourrait prendre la banque centrale américaine.
Vers 10h10 GMT (12h10 à Paris), le billet vert lâchait à peine 0,04% face à la monnaie unique européenne, à 1,1392 dollar pour un euro, et 0,02% à la devise britannique, à 1,3292 dollar pour une livre sterling.
A cause de la guerre au Moyen-Orient, l’envolée des prix du pétrole, qui se négocie en dollars, avait rendu plus attractive la devise américaine, celle-ci étant de plus considérée comme une valeur refuge et bénéficiant des perspectives de hausse des taux américains.
Le retournement des cours du brut ces derniers jours avait donc logiquement plombé le billet vert.
«La récente désescalade des tensions militaires entre les Etats-Unis et l’Iran depuis le week-end a entraîné des mouvements de correction temporaires pour la couronne norvégienne et la couronne suédoise», dont les pays sont exportateurs d’or noir, a signalé Lee Hardman, analyste de MUFG.
Mais les cours du pétrole sont repartis à la hausse mercredi avec la reprise des frappes dans la région.
Si le marché est divisé sur le verdict Fed, «en revanche, il n’y a que 2% de chances que la Banque d’Angleterre (BoE) relève ses taux» jeudi, a constaté Mme Brooks.
Le taux directeur britannique devrait être maintenu pour une cinquième réunion d’affilée à 3,75%, comme c’est le cas depuis décembre.
Les analystes misent aussi sur un statu quo de la Banque du Japon (BoJ) vendredi.