Le dollar et l’euro patinent jeudi, dans la dernière ligne droite des négociations entre Bruxelles et Washington, scrutant aussi les commentaires de la Banque centrale européenne (BCE) qui accompagneront sa décision, les économistes tablant sur un statu quo.
Vers 09H20 GMT (11H20 à Paris), le billet vert grappillait 0,15% à l’euro, à 1,1753 dollar, et prenait 0,27% à la livre, à 1,3544 dollar, la devise britannique pâtissant d’une activité ralentie en juillet au Royaume-Uni.
Les Européens examinent une proposition américaine de droits de douane de base de 15% avec des exceptions sectorielles, selon des sources diplomatiques, loin des 30% que Donald Trump menaçait d’appliquer plus tôt ce mois-ci.
Bruxelles espère parvenir à un compromis avant la date-butoir du 1er août où ces droits de douane dits «réciproques» doivent s’ajouter au niveau plancher de 10% auxquels sont déjà soumis les partenaires commerciaux des Etats-Unis.
«Si l’accord commercial potentiel est finalisé comme annoncé, cela contribuerait à atténuer les risques d’une dégradation des économies européennes», estime Lee Hardman, analyste chez MUFG.
Mais «il est pratiquement impossible de prédire (la) décision» de Donald Trump, constate Michael Pfister, de Commerzbank, selon qui «des rebondissements passionnants pourraient se produire dans les prochains jours».
Les 27 ont déjà donné leur feu vert à des représailles à hauteur de 93 milliards d’euros, qui s’appliqueraient dès le 7 août si les discussions devaient échouer, ont indiqué des diplomates jeudi.
Outre le Japon, le président américain a annoncé mardi avoir conclu un accord commercial avec les Philippines, ce qui porte à cinq le nombre revendiqué par les Etats-Unis, en incluant ceux passés avec le Royaume-Uni, l’Indonésie et le Vietnam.
La Banque centrale européenne devrait de son côté laisser jeudi son principal taux directeur, son taux de dépôt, inchangé à 2%, et pourrait procéder à sa baisse de taux «finale» en septembre, selon nombre d’analystes.
«Compte tenu des négociations commerciales en cours», «il est peu probable que la présidente de la BCE dévoile son jeu lors de la conférence de presse» qui suivra l’annonce, estime néanmoins M. Pfister, de Commerzbank.
Par ailleurs, d’après Stephen Innes, de SPI AM, le cours du dollar est davantage influencé par «les facteurs macroéconomiques» que les droits de douane, telles que les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis, publiées plus tard dans la séance.
Plus tôt cette semaine, le billet vert avait pâti des pressions et commentaires de l’administration Trump sur le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, remettant en question l’indépendance de l’institution monétaire.