La livre efface ses pertes avec la prudence affichée par Banque d’Angleterre (BoE) sur les baisses de taux à venir, après celle annoncée jeudi, tandis que le dollar attend dans l’après-midi les dernières données de l’inflation.
La BoE a comme prévu offert un cadeau de Noël en avance aux Britanniques en réduisant jeudi son taux directeur d’un quart de point de pourcentage, à 3,75%, confortée par un ralentissement de l’inflation plus prononcé qu’anticipé en novembre, à 3,2% sur un an.
Celle-ci ne faisait guère de doute étant donné que le pays peine à renouer avec la croissance.
Mais si l’institution «pense toujours que les taux d’intérêts sont sur une trajectoire descendante», «à chaque réduction, la question de l’ampleur des baisses à venir devient plus délicate», a précisé son gouverneur Andrew Bailey.
Et si de nouvelles baisses sont prévues l’année prochaine, «le vote serré» à cinq voix contre quatre en faveur d’un statu quo, «laisse planer l’incertitude» sur quand elles interviendront, estime Emma Wall, analyste chez Hargreaves Lansdown.
Après avoir reculé en amont de l’annonce, la devise britannique prenait 0,07% au billet vert vers 13h50 à Paris, à 1,3386 dollar pour une livre.
Comme attendu, la Banque de Suède et celle de Norvège ont laissé leurs taux directeurs inchangés, à respectivement 1,75% et 4%.
La plupart des observateurs prévoient que la BCE opte également pour le statu quo jeudi, en laissant son taux de dépôt fixé à 2%, comme depuis juillet.
Aux Etats-Unis, l’indice des prix (CPI) pour novembre est attendu en légère hausse, à 3,1% sur un an, d’après le consensus des analystes publié par Bloomberg et celui de Marketwatch.
L’inflation s’était affichée à 3% sur an en septembre, dernier jeu de données disponible --la paralysie de l’administration américaine ayant rendu la collecte de données impossible.
«Des chiffres plus faibles devraient maintenir les paris sur des baisses de taux de la Fed», la Réserve fédérale, «pesant sur le dollar, tandis que des données plus fortes que prévu» les menaceraient, «soutenant le dollar», indique Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote.
A ce stade jeudi, le billet vert progressait de 0,22% face à l’euro, à 1,1715 dollar.
Enfin, le platine, métal à la fois précieux et utilisé dans l’industrie, a grimpé à un nouveau plus haut depuis 2008, à 1.981,85 dollars, porté par la demande industrielle ainsi qu’en tant que valeur refuge.