L’argent a dépassé jeudi les 50 dollars l’once, un plus haut pas atteint depuis des décennies, porté par la course aux valeurs refuges, tandis que le dollar continuait de se raffermir.
«La dynamique poussant les métaux précieux est immense», commente auprès de l’AFP Steve Sosnick, d’Interactive Brokers.
Dans la foulée du record de l’or mercredi à plus de 4000 dollars, l’once d’argent, soit 31,1 g de ce métal précieux également utilisé dans l’industrie, a grimpé jusqu’à 51,24 dollars jeudi.
Vers 19H00 GMT, elle se négociait autour de 48,80 dollars.
D’après les données partielles de l’agence Bloomberg, l’argent n’avait pas connu de tels niveaux depuis 1980.
Selon un historique de cours exhaustifs, disponibles à partir de 1993, l’argent a en tous les cas dépassé son pic de 2011, lorsqu’il avait frôlé le seuil des 50 dollars l’once.
«Une grande partie» de cet attrait pour l’or d’abord, et l’argent maintenant, «provient des grandes institutions mondiales, dont les banques centrales, qui se diversifient par rapport au dollar», assure Steve Sosnick.
Selon lui, «c’est une façon de réduire son exposition au dollar», qui a nettement souffert des changements politiques et économiques imposés par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier.
La devise américaine continuait toutefois de reprendre des couleurs jeudi, atteignant vers 19H05 GMT un plus haut depuis deux mois par rapport à l’euro, à 1,1551 dollar.
Ses gains «reflètent largement des facteurs externes défavorables (crise politique en France, résultats des élections à la tête du Parti libéral-démocrate au pouvoir au Japon, ndlr) plutôt qu’un contexte fondamental plus favorable aux États-Unis», relèvent les analystes de Brown Brothers Harriman (BBH).
Le paralysie budgétaire se poursuit d’ailleurs dans le pays, privant les cambistes d’un certain nombre d’indicateurs sur l’état de santé de l’économie américaine.