La France risque d’être «étranglée par les taux d’intérêt», selon la BdF

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«Nous devons rester maîtres de notre destin», prévient le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin.

La France risque d’être «étranglée par les taux d’intérêt» si elle ne redresse pas ses finances publiques, a averti le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin dans un entretien au Financial Times publié lundi.

Cet avertissement intervient alors que le gouvernement a présenté la semaine dernière son projet de budget pour 2027. Il vise à ramener le déficit public à 5% du PIB, contre 5,4% attendu cette année.

«Nous devons rester maîtres de notre destin», a avancé Emmanuel Moulin. «Si nous n’agissons pas, il y a effectivement un risque d’être progressivement étranglés par la hausse des taux d’intérêt».

Emmanuel Moulin, qui dirige l’institution depuis juin, estime que la France peut encore regagner la confiance des investisseurs, malgré des mouvements «sérieux et préoccupants» sur le marché de la dette ces derniers jours.

Le taux d’emprunt à dix ans de la France est resté perché à un haut niveau lundi, à 4,86% contre 3,49% pour son équivalent allemand.

Ces taux inédits depuis 2002 ont un coût pour les finances publiques: la charge des intérêts de la dette pourrait bondir de 12 milliards d’euros l’an prochain pour dépasser 91 milliards d’euros, selon les prévisions du gouvernement.

La hausse des taux est mondiale depuis la flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre en Iran, mais la France est particulièrement touchée, les investisseurs s’inquiétant de la capacité du pays à maîtriser son déficit.

Le projet de loi de finances sera examiné à partir de mercredi par la commission des Finances de l’Assemblée nationale.

Le projet de budget du gouvernement est promis à un parcours parlementaire difficile au regard de l’absence de majorité du gouvernement à l’Assemblée nationale.

Certaines mesures, comme le gel des salaires des fonctionnaires ou des pensions au-delà d’un certain montant pourraient provoquer l’ire de l’opposition.

«La France n’est pas la Grèce au moment de la crise de la zone euro», tempère toutefois le gouverneur, qui juge qu’il n’est pas l’heure de parler d’une intervention de la Banque centrale européenne (BCE), évoquée par certains analystes.

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