Le Secrétariat de la Commission de la concurrence (Comco) annonce mardi avoir ouvert une enquête préliminaire pour examiner la suppression par Google de la fonctionnalité «Ecran de choix» sur les appareils Android en Suisse. Cette fonctionnalité permettait aux utilisateurs de choisir leur moteur de recherche par défaut lors de la configuration initiale d’un nouvel appareil Android.
Le géant américain du numérique Google a récemment supprimé cette fonctionnalité sur territoire helvétique, bien qu’elle reste disponible dans l’Espace économique européen (EEE). «Par conséquent, le moteur de recherche Google est imposé par défaut aux utilisateurs suisses, sans qu’un ‘Ecran de choix’ ne s’affiche lors de la configuration initiale de leur appareil», explique la Comco dans un communiqué.
L’»Ecran de choix» vise à réduire la dépendance liée aux paramètres préconfigurés. Selon la Comco, «sa suppression pourrait limiter la visibilité des moteurs de recherche concurrents de Google lors de la configuration des appareils, renforçant ainsi les barrières à l’entrée».
Le régulateur juge que cette nouvelle pratique pourrait affecter les possibilités de concurrence des fournisseurs de moteurs de recherche et, plus largement, d’autres services numériques. «Elle crée également une différence de traitement entre les utilisateurs suisses et ceux de l’EEE, alors que les enjeux concurrentiels sont comparables», souligne la Comco.
L’enquête préalable devra déterminer s’il existe des indices d’une restriction illicite de la concurrence au sens de la loi sur les cartels. Les conclusions de cette procédure pourraient également présenter un intérêt pour l’appréciation des pratiques liées aux paramètres par défaut sur d’autres appareils mobiles.
Interrogé par l’agence AWP, Google a indiqué être au courant de l’ouverture d’une enquête préliminaire de la Comco concernant l’»Ecran de choix» en Suisse. «Nous assurons les autorités de notre entière coopération pour répondre à leurs questions», a déclaré un porte-parole.
En 2023, la Comco avait ouvert une enquête préalable concernant Google News en raison de comportements potentiellement illicites. Aucun comportement abusif n’avait toutefois été retenu.