La BCE s’est dite en octobre «totalement ouverte» à l’idée d’une nouvelle baisse des taux, tout en soulignant que le cycle d’assouplissement monétaire semblait en grande partie achevé, selon le compte-rendu de sa dernière réunion publié jeudi.
Réunis à Florence, les responsables de la banque centrale ont estimé qu’une baisse des taux serait probablement nécessaire si les risques de diminution de l’inflation en dessous de la cible de 2% augmentent ou si la hausse des prix reste durablement plus faible que prévu.
Lors de cette réunion, le taux de dépôt, référence de la politique monétaire, a été maintenu à 2%, comme depuis juillet.
Après deux ans de baisses successives du loyer de l’argent, la BCE profite d’une inflation retombée de 10,6% en 2022, dans le contexte d’une flambée des prix de l’énergie liée à la guerre en Ukraine, à des valeurs désormais proches de 2% l’an, autour de son objectif.
Désormais, le niveau d’exigence pour intervenir ne doit «pas être plus élevé que d’ordinaire», la BCE devant agir si les perspectives se dégradent, selon le document.
Les risques pesant sur l’inflation peuvent pencher dans deux directions : d’une part, l’appréciation de l’euro et la baisse des prix des importations, venant davantage de Chine, tendent à freiner la progression de l’indice.
D’autre part, des perturbations sur les chaînes d’approvisionnement et les restrictions de certaines matières premières pourraient la faire remonter.
Globalement, la zone euro est pour l’heure assez résistante aux chocs externes pour empêcher l’inflation de dégringoler, selon le compte-rendu.
Pour autant il n’est pas «garanti (que l’économie) dispose de l’élan nécessaire» pour maintenir la hausse des prix à 2% à terme, ont estimé les membres du conseil des gouverneurs de l’institution monétaire.
Par ailleurs, ils ont mis en garde contre une adaptation automatique de la politique monétaire «sur la base de changements politiques très incertains, à moins que ceux-ci n’aient un impact significatif sur l’inflation».
La prochaine réunion de la BCE se tiendra le 18 décembre, avec de nouvelles prévisions économiques couvrant pour la première fois l’année 2028.