L’ex-CEO de BBVA inculpé dans une affaire d’écoutes

AWP

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Figure emblématique des milieux d’affaires espagnols, Francisco Gonzalez est soupçonné d’avoir utilisé des écoutes pour empêcher un investisseur indésirable d’entrer au capital de la banque.

L’ancien patron de la deuxième banque espagnole BBVA Francisco Gonzalez a été inculpé jeudi pour corruption et révélation de secrets dans une affaire d’écoutes illégales de personnalités du monde économique et politique, a-t-on appris de source judiciaire.

M. Gonzalez a été convoqué le 18 novembre par le juge chargé de l’enquête à l’Audience nationale, haut tribunal chargé des affaires financières, a indiqué à l’AFP une source judiciaire.

Figure emblématique des milieux d’affaires espagnols, M. Gonzalez est soupçonné d’avoir utilisé des écoutes pour empêcher un investisseur indésirable d’entrer au capital de BBVA.

Le banquier avait été forcé de démissionner début 2019 en raison de cette affaire de tous ses postes, y compris honorifiques, au sein de BBVA.

En juillet, neuf anciens ou actuels dirigeants de la banque ont été inculpés dans cette même affaire pour les mêmes délits présumés, ainsi que BBVA en tant que personne morale.

La banque avait admis en janvier avoir eu recours aux services du groupe Cenyt, dirigé par le sulfureux commissaire José Manuel Villarejo, au coeur d’une multitude d’affaires qui ont secoué les hautes sphères du pays jusqu’à la famille royale.

Pendant des années, cet ancien policier, sous les verrous depuis novembre 2017, a enregistré à leur insu ses conversations avec des dirigeants politiques, magistrats et chefs d’entreprise, et est accusé de s’en être servi pour les faire chanter.

Selon la presse espagnole, BBVA aurait eu recours aux services du policier en 2004 et aurait eu accès à des milliers d’écoutes téléphoniques de journalistes et de personnalités haut placées du monde politique et économique dans le but d’empêcher le groupe de BTP Sacyr d’entrer à son capital.

Le fait d’avoir employé ce policier peut être considéré comme un cas de «corruption active de fonctionnaire», avait estimé en juillet le parquet spécial anti-corruption.

En outre, certains dirigeants de BBVA faisant l’objet de l’enquête «auraient reçu des cadeaux» de la société Cenyt du commissaire Villarejo «afin de faciliter certains contrats», selon le parquet.

La banque, qui a ouvert une enquête interne sur l’affaire, a nié en janvier avoir «trouvé la moindre documentation reflétant la surveillance et l’interception de communications privées».

Francisco Gonzalez a dirigé BBVA de 2000 à 2018 après avoir été numéro un depuis 1996 d’Argentaria, banque ayant fusionné avec Banco de Bilbao y Viscaya pour donner naissance à BBVA.

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