L’euro au plus haut depuis juillet face à un dollar fragilisé

AWP

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Vers 21h, l’euro prenait 0,72% face au billet vert, à 1,1318 dollar, quelques minutes après avoir grimpé jusqu’à 1,1355 dollar.

L’euro a temporairement pris plus de 1% vendredi face à un dollar affaibli par les perspectives de nouvelles baisses des taux d’intérêt aux Etats-Unis, à mesure que le coronavirus se propage et plombe l’économie mondiale.

Vers 20H00 GMT (21H00 à Paris), l’euro prenait 0,72% face au billet vert, à 1,1318 dollar, quelques minutes après avoir grimpé jusqu’à 1,1355 dollar, un niveau plus vu depuis début juillet.

«Le dollar américain se replie face à toutes les grandes devises, le rapport solide sur l’emploi aux États-Unis offrant peu de répit au billet vert», remarque Erik Nelson de Wells Fargo.

«Les rendements des bons du Trésor américain ont poursuivi leur déclin pour descendre à des niveaux inédits», ajoute l’expert selon qui «les marchés anticipent en gros que la Fed va baisser à zéro ses taux».

La banque centrale américaine a déjà décidé en urgence mardi, sans attendre sa prochaine réunion monétaire, d’abaisser d’un demi-point de pourcentage ses taux, qui se situent désormais dans une fourchette comprise entre 1% et 1,25%, afin d’apporter un peu de soutien à l’économie.

Mais plusieurs observateurs prévoient désormais que l’institution monétaire ira encore plus loin dans les prochains mois. Sur le marché secondaire, le taux à 10 ans sur la dette des Etats-Unis a chuté jusqu’à 0,657% en cours de séance vendredi.

Une baisse des taux de la Fed rend le dollar moins rémunérateur et donc moins attractif pour les cambistes.

Le président américain Donald Trump, qui réclame régulièrement à l’institution de baisser ses taux, l’a de nouveau appelée à agir vendredi plus drastiquement.

Le patron de la Réserve fédérale (Fed) de Dallas, Rob Kaplan, avait déjà estimé jeudi que la rapidité à laquelle le nouveau coronavirus se répandait appelait à «des actions plus audacieuses» en matière de politique monétaire, prises «tôt plutôt que trop tard».

L’euro a profité pleinement de cet accès de faiblesse de la devise américaine alors que le yen (+0,95% face au dollar et +0,21% face à l’euro) et le franc suisse (+0,95% face au dollar et +0,23 face à l’euro) ont bénéficié de leur statut de valeur refuge en période de turbulences sur les marchés financiers.

«Valeur refuge face au coronavirus (au début de l’épidémie), le billet vert est devenu du jour au lendemain la devise à ne plus avoir en portefeuille après les premiers cas déclarés aux États-Unis», a fait remarquer John Plassard, analyste pour Mirabaud Securities.

Jeudi, le coronavirus avait contaminé plus de 180 personnes aux Etats-Unis et fait au moins douze morts. Des chiffres cependant bien inférieurs à l’Union européenne, avec plusieurs milliers de personnes touchées et plus de 150 décès.

Mais la politique monétaire de la Banque centrale européenne, déjà ultra-accommodante, lui laisse moins de marge de manoeuvre que la Fed.

Si des mesures sont attendues le 12 mars, à l’issue de sa prochaine réunion de politique monétaire, celles-ci pourraient «décevoir les attentes du marché», a souligné Ken Wattret, économiste pour le cabinet IHS Markit.

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