Genève: le projet de budget 2027 affiche 546 millions de déficit

AWP/ATS

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Dévoilée jeudi par le Conseil d’Etat in corpore, la feuille de route comprend un plan d’économies de 247,7 millions.

Le projet de budget de l’Etat de Genève 2027 prévoit un déficit de 546,2 millions de francs. Dévoilé jeudi par le Conseil d’Etat in corpore, il comprend un plan d’économies de 247,7 millions. Inquiet de la dégradation financière du canton, le gouvernement en appelle à la responsabilité du Grand Conseil, malgré le mécontentement affiché à droite comme à gauche.

«Ce déficit revêt un caractère structurel», a indiqué devant la presse Nathalie Fontanet, cheffe du Département des finances. Les charges augmenteront de 415,2 millions par rapport à 2026 (+3,7%) pour atteindre 11,6 milliards. Les recettes prennent 551,6 millions (+5,2%) pour un total de 11,1 milliards. Les investissements nets s’élèvent à 843 millions alors que la dette devrait progresser à 10,8 milliards.

L’augmentation inédite des charges mécaniques et contraintes (+486 millions) nécessite un changement de cap, selon le gouvernement. Les hausses se limitent aux priorités fixées, soit la souffrance mentale des jeunes, le soutien aux personnes vulnérables, la chaîne sécuritaire, la formation et l’éducation, les transports publics et le numérique. Cette approche se traduit par une augmentation réelle des postes de 0,6%.

Pour convertir cette feuille de route après une année 2026 sous le régime des douzièmes provisoires en raison de l’échec de deux moutures du budget devant le Grand Conseil, l’heure est à la mise en garde. «Nous avons besoin d’un budget 2027», a déclaré la présidente du gouvernement, Anne Hiltpold. Le Conseil d’Etat estime avoir fait sa part, place maintenant aux propositions des députés.

Les discussions s’annoncent ardues. Le PLR appelle à réduire les charges contraintes. Le PS et les Vert-e-s dénoncent un projet de budget qui renforce l’austérité. Le Cartel intersyndical du personnel de l’Etat et du secteur subventionné devait se réunir dans la soirée pour décider d’éventuelles mesures de lutte.

Les communes à la caisse

Au sein du paquet d’économies, les communes seront amenées à apporter la principale contribution. Le Conseil d’Etat veut les faire participer à la péréquation cantonale à hauteur de 134,1 millions, pour autant que le Grand Conseil accepte le projet de loi visant à enclencher ce mécanisme. Une proposition inacceptable pour l’Association des communes genevoises (ACG), qui demande au canton de «balayer devant sa porte».

Dans les détails, le plan d’économies prévoit une diminution des charges de 211,5 millions et une hausse des revenus de 36,2 millions. Un premier volet réunit les mesures du Conseil d’Etat pour un effet de 190,2 millions, dont la quasi-totalité demande une modification législative.

Outre les efforts demandés aux communes, l’exécutif touche à la fonction publique notamment en supprimant le doublement de salaire de départ à la retraite. Il rétablit toutefois l’annuité qui avait été suspendue en 2026. Mais aucune indexation n’est prévue.

Il prévoit aussi une coupe linéaire de 4% dans les indemnités et les aides financières (-10,7 millions). Côté recettes, la déduction fiscale de la prime d’assurance-maladie s’alignera sur la prime moyenne cantonale (+32,5 millions).

Effort demandé

Le second volet du plan d’économie s’appuie sur les pistes du groupe d’experts piloté par l’ancien président de la Cour des comptes Stanislas Zuin. Estimé à 189,7 millions d’ici fin 2030, les économies devraient atteindre 57,4 millions en 2027.

Des prestations dans le cadre de l’aide sociale seront réduites (-8,1 millions). Les missions d’intérêt général des HUG et de l’Institution de maintien à domicile seront limitées (-5,5 millions).

Et les départs dans ces entités, tout comme à l’Hospice général, aux HES et à l’UNIGE, ne seront en partie pas remplacés (-1,3 million). La même mesure vise les départements de l’administration cantonale (-2,7 millions).

Autre restriction, les fonctionnaires devront travailler deux jours de plus en fin d’année (-4,1 millions). Mais la mesure la plus dotée porte sur le «non dépensé» (-24,1 millions).

Déficits attendus

D’autres mesures entreront en vigueur dans les prochaines années, d’autant plus que le plan quadriennal jusqu’en 2030 exclut un rétablissement des finances. Des déficits devraient être la règle pendant l’ensemble de la période, atteignant un total de 2,8 milliards. «La trajectoire financière du canton se dégrade», avertit le conseiller d’Etat Thierry Apothéloz.

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