Le grossiste en médicaments et exploitant de pharmacies Galenica va arrêter d’ici fin 2026 la production pharmaceutique de sa filiale Bichsel, invoquant un «manque de compétitivité». Avec cette mesure, jusqu’à 170 postes seront supprimés d’ici la fin de l’année, soit plus de la moitié des quelques 300 employés.
Galenica dit examiner «des possibilités de maintien de l’emploi au sein» du groupe. Mais si des licenciements doivent intervenir, un plan social sera appliqué avec notamment un soutien financier et une réorientation professionnelle. Une procédure de consultation est prévue mi-mars.
La filiale se concentrera à l’avenir sur les prestations de soins à domicile. La pharmacie Grosse Apotheke Dr. G. Bichsel à Interlaken poursuivra ses activités sous l’étendard de la chaîne Amavita, a indiqué le groupe bernois mardi dans un communiqué.
«Différentes mesures visant à améliorer les résultats n’ont pas eu suffisamment d’effet ces dernières années», a déploré le groupe qui dit avoir «examiné différents scénarios», notamment des investissements importants ou la construction d’un nouveau bâtiment.
Selon Galenica, «aucun scénario ne permet de garantir la pérennité de la production sur le long terme» et, en raison de l’état du site, «la vente n’est pas possible».
«Bichsel va continuer à investir, ce qui est positif. Pour cette raison, nous exigeons de former les personnes concernées (par les licenciements) à de nouveaux postes», a indiqué à l’agence AWP Corinne Schärer, responsable du secteur industrie auprès du syndicat Unia.
Selon cette dernière, les alternatives aux licenciements et propositions des employés doivent être «sérieusement étudiées» avant même le plan social.
Craintes de délocalisation
Les frais de restructuration exceptionnels sont estimés entre 35 et 40 millions de francs et devront pour l’essentiel être comptabilisés sur la première moitié de l’année. Ils comprennent notamment entre 17 et 19 millions de correctifs de valeur sur les stocks et immobilisations corporelles.
Le résultat d’exploitation (Ebit) au niveau du groupe doit profiter de ces mesures à hauteur de 3 millions de francs par année dès 2027.
Avec un Ebit estimé à 264 millions de francs au niveau du groupe en 2026, ces mesures représentent une amélioration de la rentabilité de 1%, a calculé l’analyste d’Octavian, Laura Pfeifer-Rossi. «L’impact financier (de la restructuration) est limité, mais ces mesures vont légèrement améliorer les marges et simplifier la structure opérationnelle de Galenica», a-t-elle poursuivi.
Le fabricant, grossiste et détaillant de produits pharmaceutiques et médicaux, fondé en 1948, est basé à Interlaken dans le canton de Berne. Il avait été racheté par Galenica en 2019. En octobre 2025, Galenica avait regroupé les compétences des filiales Homecare Bichsel et Lifestage Solutions dans les soins à domicile. L’entreprise réalise, selon les calculs d’Octavian, un chiffre d’affaires annuel de 60 millions de francs.
Galenica, qui compte 8000 salariés, a engrangé l’an dernier 4,14 milliards de francs de chiffre d’affaires, à la faveur notamment d’une robuste demande pour les traitements du métabolisme à base de GLP-1 et les compléments alimentaires.
Face aux appels à la délocalisation et aux baisses des prix des médicaments par les Etats-Unis, l’industrie pharmaceutique suisse se retrouve sous pression. Pour Mme Schärer, ce secteur «n’est à priori pas à risque grâce à sa création de valeur». «Mais de grands groupes comme Roche et Novartis réduisent leur production en Suisse, ce qui nous inquiète» a ajouté la syndicaliste, qui souhaite que les emplois dans la Confédération soient préservés.