Davantage de PME suisses passées en mains européennes en 2025

AWP

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Les investisseurs européens représentent plus de quatre transactions sur cinq (83%). Pour la première fois, les acquéreurs français ont représenté le premier groupe d’investisseurs étrangers (27%).

Le marché des fusions-acquisitions pour les PME suisses a connu un coup d’accélérateur l’an passé. La moitié des acquéreurs sont venus de l’étranger, soit un niveau record, selon une étude de Deloitte. Les acheteurs américains ont, eux, déserté.

En tout, 208 transactions ont été recensées en 2025, soit une hausse de 16%, les volumes «renouant ainsi avec un niveau proche de 2021», selon l’étude sur l’activité M&A des PME publiée mercredi. Celle-ci pointe que 104 transactions ont été conclues par des entreprises étrangères, contre 63 en 2024. «Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis que Deloitte a commencé l’enquête, en 2013», souligne le document.

Les investisseurs européens représentent plus de quatre transactions sur cinq (83%). Pour la première fois, les acquéreurs français ont représenté le premier groupe d’investisseurs étrangers (27%), devant l’Allemagne (19%). Le reste de l’Europe a totalisé 31%, avec notamment une solide appétit des pays nordiques (13%).

«Les investisseurs internationaux ciblent des entreprises résilientes et des produits innovants avec un potentiel de croissance à long terme – et c’est de plus en souvent dans les PME suisses qu’ils les trouvent», connues pour évoluer «sur des marchés de niche spécialisés», a déclaré Jean-François Lagassé, vice-président de Deloitte Suisse, cité dans le document.

En revanche, la part des acheteurs américains a reculé de plus de moitié, passant à seulement 8%. M. Lagassé évoque une baisse «considérable». «La faiblesse du billet vert par rapport au franc suisse ainsi que la politique douanière des États-Unis ont rendu les transactions plus coûteuses et plus incertaines. Les investisseurs européens ont comblé ce vide avec conviction», a-t-il ajouté.

Les transactions effectuées par des compatriotes suisses ont également connu un rebond de 10%, pour atteindre 53 opérations, après 48 en 2024.

L’informatique en vedette

La cible favorite a été le secteur de l’informatique et de l’édition de logiciels, responsable à lui seul de 56% de la croissance des transactions. Au total, plus d’un quart des acquisitions de PME suisses ont concerné le secteur informatique, un niveau deux fois plus élevé que celui de l’année précédente. «Ce bond en avant souligne la force d’innovation des entreprises technologiques suisses et leur attractivité pour les acheteurs internationaux».

Le secteur des biens de consommation a représenté 13 opérations, soit «la plus forte croissance parmi les transactions purement domestiques». A contrario, les changements de mains dans l’industrie manufacturière, les entreprises des sciences de la vie et le secteur de la santé ont accusé un recul au niveau national.

Par ailleurs, les PME suisses ont été frileuses au moment de prendre des prises de participation majoritaires à l’étranger. Ce type de rachat a chuté d’un quart en comparaison annuelle, avec 51 opérations. Les secteurs des sciences de la vie et de l’industrie manufacturière ont été particulièrement boudés.

Les perspectives pour l’année en cours «sont encourageantes», d’après Deloitte qui met en avant «faibles taux d’intérêt, volume de capitaux d’investissement élevé dans le capital-risque et investissements intra-européens», tout en reconnaissant que «les risques géopolitiques et les barrières commerciales demeurent cependant des facteurs d’incertitude significatifs».

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