Berlin a bien plus investi en 2025 pour la défense, les infrastructures et la protection du climat, mais les montants débloqués sont restés inférieurs aux prévisions, a indiqué vendredi le ministère allemand des Finances, qui compte accélérer le rythme cette année.
Le chancelier conservateur Friedrich Merz s’est résolu l’an dernier à en finir avec des décennies d’orthodoxie budgétaire en Allemagne: des investissements publics massifs sont prévus pour relancer une économie en plein marasme, moyennant la levée du sacro-saint frein à la dette inscrit dans la constitution.
Berlin a aussi décidé de muscler le budget de la défense pour soutenir militairement l’Ukraine et préparer son armée face à la menace russe.
Les dépenses d’investissement de l’Etat fédéral ont ainsi augmenté en 2025 de plus de 12 milliards d’euros par rapport à 2024, à 86,8 milliards d’euros, soit une hausse annuelle de 17%.
Mais une enveloppe plus importante, de 115,6 milliards d’euros, était prévue dans le budget annuel adopté en retard, du fait de la formation en mai du nouveau gouvernement de coalition.
«Les chiffres montrent que les premiers investissements ont démarré, mais il faut encore accélérer le rythme», a reconnu le ministre social-démocrates des finances Lars Klingbeil dans un communiqué.
«Chaque euro doit être utilisé aussi vite, efficacement et ciblé que possible», a-t-il ajouté.
Au 31 décembre dernier, le fonds spécial pour les infrastructures et la neutralité climatique, doté de 100 milliards d’euros - avec la possibilité de monter à 500 milliards d’euros d’ici 2036 - affichait 23,99 milliards d’euros de dépenses engagées, selon une « horloge des investissements» sur le site du ministère des Finances.
Cette horloge interactive permettra de suivre en temps réel les flux d’investissements de l’Etat fédéral via le dit fonds spécial et concernant les transports, l’éducation et la recherche, la numérisation, le logement et les infrastructures hospitalières, selon le ministère.
Au chapitre de la défense, 72,2 milliards d’euros ont été décaissés l’an dernier, en incluant un autre fonds spécial destiné à renforcer l’armée allemande, un montant inférieur aux prévisions initiales.
En 2025, Berlin a emprunté en tout 102,7 milliards d’euros sur les marchés pour financer son déficit budgétaire, incluant les dépenses supplémentaires dans le climat, les infrastructures et la défense, bien moins que les 143,2 milliards prévus au départ.