Les taux obligataires américains ont chuté vendredi au plus bas depuis le mois d’avril, plombés par un emploi américain atone pour le mois d’août, renforçant les attentes d’un assouplissement monétaire par la Fed.
Vers 13H30 GMT, le rendement des emprunts d’Etat américains à échéance 10 ans tombait à 4,07%, contre 4,16% jeudi en clôture. A deux ans, l’échéance la plus sensible aux évolutions de la politique monétaire, il chutait à 3,48% contre 3,59%. Le rendement à 30 ans s’établissait à 4,79% contre 4,85%.
Les taux tombent vendredi à des niveaux plus vus depuis début avril, après l’annonce par Donald Trump de nouveaux droits tous azimuts, qui avaient semé un vent de panique sur les marchés mondiaux.
Le marché obligataire américain a réagi vendredi à la publication des chiffres officiels sur l’emploi pour le mois d’août, qui ont montré un taux de chômage en hausse et des créations d’emplois bien inférieures à ce à quoi les Etats-Unis étaient habitués.
La première économie mondiale a créé 22.000 emplois alors que les analystes tablaient sur 75.000 emplois.
Le taux de chômage a progressé à 4,3% contre 4,2% en juillet et 4,1% en juin. Il s’agit du plus haut niveau depuis l’automne 2021.
«Ce rapport donne le feu vert à un assouplissement monétaire» de la part de la banque centrale américaine (Fed) lors de sa réunion de septembre, estime Samuel Tombs, de Pantheon Macroeconomics.
Les acteurs du marché s’attendaient déjà à ce que l’institution réduise ses taux dans une fourchette de 4,00% à 4,25% lors de sa prochaine réunion.
Mais cette publication «laisse entendre que d’autres mesures seront nécessaires pour stabiliser le marché du travail avant la fin de l’année», commente Samuel Tombs.
Désormais, les investisseurs sont aussi une majorité à anticiper d’autres baisses des taux lors des réunions d’octobre et de décembre, selon l’outil de veille FedWatch CME.
Le mois dernier, la publication de ce rapport officiel avait créé une onde de choc, notamment car il comportait de fortes révisions du nombre d’emplois créés par la première économie mondiale les mois précédents - montrant que le marché du travail est plus fragile que ce qui avait été jusque-là imaginé.