Marchés en Asie: l’or pulvérise la barre des 5000 dollars, le yen s’envole

AWP

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L’or passe 5000 dollars, l’argent s’installe au-delà de 100 dollars. A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a reculé en clôture de 1,78% à 52’885,25 points, et l’indice élargi Topix de 2,13% à 3552,49 points.

L’or dépassait lundi pour la première fois la barre des 5000 dollars, profitant des incertitudes géopolitiques, commerciales et monétaires suscitées par la présidence de Donald Trump, tandis que le yen continuait de bondir sur des attentes accrues de hausse des taux et d’une intervention des autorités.

L’or passe 5000 dollars, l’argent s’installe au-delà de 100 dollars

Le prix du métal jaune progresse sans discontinuer depuis deux ans: l’once (31,1 grammes) valait un peu plus de 2000 dollars en janvier 2024.

Le métal jaune s’est hissé lundimatin à un sommet inédit de 5110 dollars l’once, après avoir franchi en début d’échanges asiatiques la barre des 5000 dollars.

Sa progression récente a été soutenue par les tensions autour du Groenland, dont le président américain a dit vouloir s’emparer, menaçant ses alliés européens de taxes douanières en cas d’opposition. Le relatif apaisement qui a suivi n’a pas inversé la tendance.

Les cours restent aussi sensibles aux évolutions géopolitiques en Ukraine, à Gaza ou en Iran.

Les revirements fréquents de l’administration américaine créent un climat d’incertitude aux Etats-Unis, détournant les investisseurs du dollar et des obligations d’Etat.

Autre métal précieux à s’envoler, poussé aussi par une forte demande industrielle (solaire, électronique), l’argent a franchi vendredi pour la première fois la barre des 100 dollars. Lundi vers 02H50 GMT, il a flambé au niveau record de 109,45 dollars l’once.

«Compte tenu des tensions systémiques qui pèsent sur l’économie et l’ordre politique mondiaux, les métaux précieux constituent un véritable refuge», observe Kyle Rodda, analyste en Australie de Capital.com.

«Associés à la politique monétaire expansionniste, au développement massif de l’intelligence artificielle, à la remilitarisation (des Etats) et aux attaques (de l’administration Trump) contre la Réserve fédérale américaine (Fed), les métaux précieux sont au coeur d’une conjoncture exceptionnelle», explique-t-il.

Mais selon Neil Wilson, de Saxo Markets, «un facteur beaucoup plus important» soutient le cours de l’or ces derniers mois: «la dépréciation des devises et l’augmentation du niveau d’endettement» des Etats, «qui se traduisent par une soif insatiable» d’»actifs tangibles», attachés à une valeur concrète.

En d’autres termes, les investisseurs cherchent à sécuriser leur patrimoine en se tournant vers des actifs réels, comme l’or, capables de préserver leur valeur sur le long terme.

Le yen bondit de 1%, la BoJ intrigue le marché

La monnaie japonaise flambe: vendredi en fin d’échanges asiatiques, elle évoluait autour de 159 yens pour un dollar. Elle a bondi durant les échanges américains, et lundi vers 06h30 GMT, elle grimpait de 1% à 154,20 yens pour un dollars.

«Une rumeur de révision des taux d’intérêt vendredi, à la suite d’une réunion plutôt conciliante de la Banque du Japon, a provoqué une forte hausse du yen, notamment face au dollar américain, qui est lui-même confronté à des difficultés en raison de l’imprévisibilité de l’administration Trump», souligne Kyle Rodda.

«Bien que les décideurs n’aient pas explicitement annoncé de hausse des taux à court terme, la révision des perspectives de croissance et d’inflation a renforcé la probabilité d’un nouveau resserrement monétaire de la BoJ dans les prochains mois», abonde Lloyd Chan, de la banque MUFG.

«De plus, le refus des autorités japonaises de confirmer ou d’infirmer une intervention sur le marché des changes a accru la méfiance des marchés», ajoute-t-il.

La ministre des Finances Satsuki Katayama avait déjà assuré mi-janvier que Tokyo pourrait agir de façon «résolue» en considérant «toutes les différentes mesures disponibles» face à l’affaiblissement du yen (qui a perdu quelque 6% de sa valeur en six mois), attisant les spéculations sur une future intervention du gouvernement sur le marché des changes.

Bourses sous pression

L’incertitude géopolitique et commerciale agitait également les places boursières asiatiques.

A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a reculé en clôture de 1,78% à 52’885,25 points, et l’indice élargi Topix de 2,13% à 3552,49 points.

La Bourse de Séoul a lâché 0,81%. L’indice hongkongais Hang Seng abandonnait 0,10% vers 06H30 GMT. Sydney était fermée, et Taipei a tenté de résister (+0,32%).

Le pétrole chauffe, le Moyen-Orient guetté

Le marché pétrolier grimpait à nouveau, toujours renforcé par le déploiement de moyens navals américains supplémentaires au Moyen-Orient.

Vers 06h30 GMT, le baril de WTI nord-américain gagnait 0,92% à 61,63 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord 0,88% à 66,46 dollars.

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