Les marchés européens profitent du recul du prix du pétrole

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Paris termine en hausse de 0,88%, Francfort monte de 1,36%, Londres progresse de 0,91% et Milan de 0,95%. A Zurich, le SMI avance de 0,79%.

Les bourses mondiales reprennent goût au risque vendredi, encouragées par le net recul des prix du pétrole, même si le contexte géopolitique au Moyen-Orient reste très tendu.

Vers 16H00 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence du brut s’échangeait à 95,54 dollars le baril (-5,11%) après avoir passé les 100 dollars la veille. Le WTI américain suivait la même tendance (-4,47% à 88,07 dollars).

Les rebelles houthis du Yémen ont indiqué vendredi que leur blocus maritime contre l’Arabie saoudite n’avait pas vocation à paralyser le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, après une attaque confirmée contre un navire saoudien.

D’ailleurs, «certains navires transportant du pétrole saoudien traversent encore le détroit de Bab el-Mandeb», explique à l’AFP Giovanni Staunovo, analyste d’UBS. Ces passages signifient que «pour l’instant, il ne s’agit pas d’un blocus total», réduisant les risques sur l’approvisionnement mondial en hydrocarbures.

Les rebelles houthis avaient annoncé lundi vouloir entraver le trafic en mer Rouge et dans le golfe d’Aden des navires d’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Cette semaine, les Houthis ont adressé des avertissements radio à des navires croisant dans la région, menaçant de prendre pour cible ceux «appartenant à l’ennemi saoudien» qui tenteraient de se frayer un passage.

La guerre au Moyen-Orient bloque toujours le détroit d’Ormuz et menace celui de Bab el-Mandeb (mer Rouge), avec des attaques revendiquées jeudi sur des navires de l’Arabie saoudite par des rebelles houthis pro-iraniens.

Les risques géopolitiques restent toutefois bien présents. «Non seulement les flux pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz se sont pratiquement taris, mais des risques manifestes pèsent également sur les exportations saoudiennes transitant par la mer Rouge», soulignent les analystes d’ING.

D’après eux, les exportations de pétrole brut saoudien depuis Yanbu, sur la mer Rouge, ont atteint en moyenne environ 4,6 millions de barils par jour en juin.

Les Bourses mondiales soulagées

Le recul des prix du brut offre une respiration aux marchés d’actions, en particulier en Europe où de nombreuses économies restent de grandes importatrices d’hydrocarbures.

La Bourse de Paris a terminé en hausse de 0,88%, Francfort a gagné 1,36%, Londres a pris 0,91% et Milan 0,95%. A Zurich, le SMI a gagné 0,79%.

Les valeurs du secteur pétrolier font au contraire grise mine. A Londres, BP a perdu 1,35% et Shell 1,15%. A Oslo, le géant Equinor a cédé 1,36% et à Madrid, Repsol a lâché 2,23%.

Pour Patrick Munnelly de Tickmill Group, les investisseurs ont «pris en compte les perspectives d’offre, les risques pesant sur la demande et la possibilité que la hausse des prix observée plus tôt dans la semaine ait déjà intégré une grande partie du risque de perturbation immédiate».

«Les banques, les sociétés d’investissement et certaines valeurs cycliques», très dépendantes de la bonne santé de l’économie, «ont été en mesure de porter davantage le marché en cette fin de semaine», relève M. Munnelly.

A Madrid, Banco de Sabadell a terminé en hausse de 3,44% et Banco Santander de 3,17%. A Londres, HSBC a gagné 1,69% et à Paris, BNP Paribas a pris 2,08%.

A New York, l’indice Nasdaq prenait 0,28%, le Dow Jones 0,70% et l’indice élargi S&P 500 montait de 0,67% vers 16H00 GMT.

Le géant des microprocesseurs Intel perdait du terrain (-3,56%), malgré des résultats trimestriels meilleurs qu’attendu et une révision à la hausse de son chiffre d’affaires pour le trimestre prochain.

Dans son sillage, Marvell Technology perdait 4,81%, NXP 2,36% et Broadcom 1,77%.

Droits de douane

L’Union européenne a par ailleurs été soulagée que les nouveaux droits de douane annoncés la veille par Donald Trump l’aient épargnée, en particulier après qu’elle a infligé une très importante amende à Google.

Le nouveau régime de taxes douanières annoncé par le gouvernement américain touchant une soixantaine d’économies respecte en effet, en ce qui concerne l’UE, le plafond de 15% qui figurait dans cet accord signé il y a un an presque jour pour jour à Turnberry, en Ecosse.

La politique commerciale de Donald Trump «est venue ajouter une nouvelle source d’incertitude», souligne cependant Patrick Munnelly. «Ces mesures soulèvent des interrogations quant aux flux du commerce mondial, aux marges des entreprises et aux coûts des chaînes d’approvisionnement.»

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