Les marchés européens terminent en nette baisse face au prix élevé du pétrole

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Paris cède 1,49%, Francfort et Milan lâchent 1,60% et Londres 1,50%.

Les bourses mondiales évoluent dans le rouge vendredi, faisant face à des prix du pétrole à des niveaux élevés et des taux souverains à des sommets, malgré un soutien venant des valeurs tech.

En Europe, Paris a cédé 1,49%, Francfort et Milan ont lâché 1,60% et Londres 1,50%.

«Les marchés actions européens ont évolué au rythme des développements géopolitiques et énergétiques, dans un environnement demeurant particulièrement volatil», commentent les analystes d’Edmond de Rothschild AM.

A New York, vers 17h45, le Dow Jones reculait de 0,41%, l’indice élargi S&P 500 perdait 0,20% et l’indice Nasdaq 0,13%.

«Le scénario du ‘ni guerre, ni paix’ continue d’alimenter une forte volatilité, illustrant la forte sensibilité des marchés à chaque évolution géopolitique», expliquent les experts d’Edmond de Rothschild AM.

Et après plusieurs séances de nette baisse, les prix du pétrole hésitent à nouveau entre gains et pertes.

Vers 17h45, le cours du baril de WTI nord-américain montait de 0,45% à 103,16 dollars. Celui du Brent de la mer du Nord, référence mondiale, se stabilisait à 104,73 dollars (-0,09%).

Au Moyen-Orient, «l’interruption de l’oléoduc saoudien Est-Ouest à la suite de frappes de drones (a) ravivé les tensions», notent les analystes d’Edmond de Rothschild AM. «Les attaques houthistes contre l’Arabie saoudite renforcent le risque d’un déficit d’offre pétrolière plus durable.»

En parallèle, un pétrolier a été frappé vendredi par «un projectile non identifié» dans le détroit d’Ormuz, a alerté l’agence maritime britannique UKMTO, sur fond d’attaques menées par l’Iran pour garder le contrôle de cette stratégique voie maritime.

Le niveau de prix actuel du pétrole, très élevé, continue d’alimenter les craintes d’un choc inflationniste, nécessitant d’autres remontées de taux des banques centrales et pesant ainsi sur les actions.

Regain d’intérêt pour l’IA

Côté valeurs, les investisseurs profitent enfin d’un «regain de confiance concernant l’évolution de la demande en intelligence artificielle», relève Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.

Ce retour de l’optimisme sur le secteur contraste avec le début de la semaine, quand les investisseurs ont vendu en masse les valeurs liées à cette technologie, après plusieurs appels de dirigeants du secteur à ralentir son développement.

Aux Etats-Unis, Broadcom montait de 2,50% et Micron Technology de 1,39% vers 17h45.

Moins exposée à la tech, l’Europe profite beaucoup moins de la dynamique, mais les grands noms du secteur s’illustrent tout de même. Infineon a gagné 2,68% à Francfort, ASML +1,95% à Amsterdam et STMicroelectronics +2,39% à Paris.

L’écart de taux franco-allemand scruté

L’écart entre les taux d’emprunt à 10 ans de la France et de l’Allemagne a atteint vendredi un point de pourcentage, marquant la défiance croissante des marchés envers la dette française avant le budget 2027 et l’élection présidentielle. Cela marquerait à la clôture un plus haut depuis 2012 pour cet écart.

Vers 17h45, les obligations françaises à dix ans affichaient un rendement de près de 4,57% (un plus haut depuis 2008) contre 3,52% pour le «Bund» allemand, qui sert d’étalon pour la zone euro sur le marché obligataire.

La France emprunte à des coûts plus élevés que d’autres pays comme la Grèce et l’Italie.

«L’Italie, considérée comme l’homme malade de l’Europe pendant des années, a réussi à ramener son déficit dans la zone des 3%. Sur la trajectoire du déficit, l’Italie a réussi à faire cet effort quand la France reste dans la zone des 5%», commente Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France.

Le yen chute après la Banque du Japon

Autre point d’attention des investisseurs: la réunion de politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ), qui a relevé vendredi son taux afin de contrer les tensions inflationnistes, décision largement attendue par les marchés.

Son taux directeur a été rehaussé de 0,25 point, à 1,25%, à son plus haut niveau depuis 31 ans.

Les investisseurs n’ont toutefois pas été convaincus par cette décision: la devise japonaise perdait 0,61% face au billet vert, à 156,93 yens pour un dollar vers 17h45.

La hausse des taux n’a en effet été approuvée que par sept des neuf membres du comité de politique monétaire de l’institution, une dissidence qui suscite des inquiétudes sur le rythme des prochains resserrements monétaires de la BoJ.

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