Les Bourses mondiales expriment un certain soulagement mercredi, après le discours à Davos du président américain Donald Trump, qui a assuré exclure le recours à la force pour s’emparer du Groenland, territoire autonome danois qu’il convoite.
En Europe, après une première partie de la séance en nette baisse, les indices ont repris des couleurs après cette prise de parole. Paris a finalement fini en légère hausse (+0,08%), tout comme Londres (+0,11%). Milan a cédé 0,50%, Francfort 0,58% et Zurich 0,10%.
A Wall Street, vers 16h50 GMT, le Dow Jones prenait 0,78%, l’indice Nasdaq 0,48% et l’indice élargi S&P 500 0,64%.
«Les investisseurs sont un peu rassurés par le fait que le discours de Donald Trump à Davos était moins dans la confrontation que ce qu’ils anticipaient», relève Patrick Munelly, de Tickmill Group.
Le président américain est arrivé mercredi en Suisse pour participer au Forum économique mondial de Davos dans un climat rendu électrique par sa volonté d’annexer le Groenland, au risque de faire éclater l’alliance transatlantique, et en menaçant d’augmenter les droits de douane des États européens qui refusent d’avaliser ce projet.
«Les gens pensaient que j’utiliserais la force. Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force», a-t-il assuré.
«Ces commentaires ont apaisé les craintes du marché concernant le risque extrême d’une invasion américaine du Groenland, mais ils ne dissipent pas les inquiétudes liées à l’imposition de droits de douane à plusieurs pays européens», relève Neil Wilson, de Saxo Markets.
Reste que le président américain a violemment attaqué l’Europe et le Danemark, réaffirmant que seuls les Etats-Unis étaient en mesure de protéger le territoire arctique, tout en vantant la vigueur de l’économie américaine.
«Le fait est qu’aucune nation ni groupe de nations n’est en position de pouvoir assurer la sécurité du Groenland en dehors des Etats-Unis. Nous sommes une grande puissance, beaucoup plus grande que ce que les gens comprennent. Je pense qu’ils l’ont découvert il y a deux semaines au Venezuela», a-t-il affirmé, reprochant aussi au Danemark de faire preuve d’»ingratitude».
La question du Groenland «posera encore problème aux marchés», mais «le discours d’aujourd’hui suggère que l’Otan n’est pas menacée dans l’immédiat», relève Kathleen Brooks, directrice de la recherche de XTB.
L’or au sommet
L’or, valeur refuge par excellence, continue de grimper et de battre des records face aux incertitudes.
Vers 16h50 GMT, l’once d’or gagnait 1,57% à 4'838,31 dollars, après avoir atteint un nouveau sommet à 4'888,42 dollars. Depuis le début de l’année, le métal précieux a déjà grimpé de près de 12%.
Du côté du marché de la dette, le taux d’emprunt des Etats-Unis à dix ans restait stable, à 4,28%, contre 4,29% la veille en clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe a atteint 2,88%, contre 2,86% précédemment.
Après avoir chuté ces derniers jours en raison des menaces douanières de Donald Trump, le dollar grappillait 0,19% face à la monnaie unique européenne, à 1,1703 dollar pour un euro.
Plus forte chute en séance pour Danone
Le cours de Danone a fortement chuté à Paris mercredi, miné par un rappel de lait infantile par l’agence alimentaire de Singapour (SFA) dans un contexte de rappel de laits d’autres marques.
Le titre a cédé 8,42% à 67,40 euros, après avoir perdu près de 12% à l’ouverture, d’après l’agence économique Bloomberg, soit la plus forte baisse en séance jamais enregistrée par le titre depuis l’introduction en Bourse de Danone en 1989.
«La SFA a détecté la toxine céréulide dans deux produits supplémentaires de lait infantile», explique l’agence dans son communiqué.
«Ces produits pourraient avoir utilisé la même matière première fournie par la même source que celle utilisée dans les lots précédemment impliqués», précise la SFA, évoquant l’arrêt de la vente de cinq produits Nestlé annoncé le 8 janvier dernier pour la «présence potentielle de la toxine céréulide».
A la Bourse suisse, le titre de Nestlé a lui perdu 1,33% à 72,96 francs suisses.