Les bourses mondiales digèrent sans entrain une série de résultats d’entreprises vendredi, tandis que la dette de la France se stabilise à des niveaux jamais vus depuis 2002, dans l’attente de la réévaluation de sa note par Moody’s.
«Les marchés mondiaux ont connu une nouvelle semaine de forte volatilité, marquée par un regain de pression sur les valeurs technologiques, des prix de l’énergie élevés et des inquiétudes persistantes concernant l’inflation, qui ont pesé sur le sentiment des investisseurs», a résumé Daniela Hathorn, analyste de Capital.com.
«En Europe, les incertitudes politiques et budgétaires continuent d’assombrir les perspectives», a-t-elle souligné.
La Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,36%, Francfort a lâché 0,75% et Londres 0,32%. A Zurich, le SMI a cédé 0,59%.
Seule Milan a fini dans le vert, s’octroyant 0,36%, dopée par le géant italien des hydrocarbures ENI (+5,82% à Milan), qui a profité de la hausse des prix du pétrole, avec un bénéfice net de 3,2 milliards d’euros au troisième trimestre (+299% sur un an).
A New York, vers 15H50, le Dow Jones cédait 0,96%, l’indice Nasdaq - à forte coloration technologique - prenait 0,23% et l’indice élargi S&P 500 lâchait 0,16%.
La saison des résultats bat son plein
«La saison des résultats montre que de nombreuses entreprises peinent à faire face à un environnement économique difficile», a relevé Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.
Le constructeur automobile suédois Volvo Cars est l’une d’entre elles. Son titre a terminé sur une chute de 24,23% vendredi à Stockholm, après l’annonce d’une perte nette au troisième trimestre et la suppression de 2.500 postes, face aux droits de douane américains et à la concurrence de la Chine.
A Paris, le groupe de luxe Kering a dévissé de 16,57% dans la foulée de la publication de ses résultats du troisième trimestre, plombés par la baisse de la demande en Chine pour sa marque phare Gucci.
Le cimentier Holcim (+5,03% à Zurich) a au contraire publié vendredi un chiffre d’affaires meilleur qu’attendu au troisième trimestre, en hausse de 15,5% à 4,6 milliards de francs suisses (5 milliards d’euros). Il a relevé son objectif de résultat opérationnel pour 2026.
«La semaine prochaine pourrait s’avérer déterminante pour les marchés, avec les annonces de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), de la Banque du Japon et de la Banque centrale européenne (BCE), ainsi que la publication des résultats de grandes entreprises technologiques américaines», a noté Mme Hathorn.
La dette française sous surveillance
La dette française profite d’une relative accalmie, après plusieurs séances de flambée des taux d’emprunt. A la fermeture du marché, le rendement à échéance dix ans s’est établi à 5,01%, contre 5,07% la veille en clôture.
L’agence de notation Moody’s doit se prononcer vendredi soir sur la note de la France. De nombreux analystes jugent inévitable un abaissement de celle-ci.
Les investisseurs doutent de plus en plus de la signature française, avec une dette et un déficit publics parmi les plus hauts d’Europe, dans un climat de débat politique tendu autour du projet de budget 2027 et d’incertitudes liées à l’élection présidentielle du printemps prochain.
Les violences et pillages du 17 octobre ont accentué ces inquiétudes, poussant le rendement des obligations françaises à échéance dix ans au-dessus du seuil symbolique de 5% cette semaine, pour la première fois depuis 2002.
Ce niveau de taux implique «une explosion de la charge d’intérêts, ce ne sont pas de bonnes nouvelles et cela veut dire concrètement que les marges de manoeuvre de la France ne vont que se réduire», a expliqué Charlotte de Montpellier, économiste de la banque ING.
Flambée du pétrole
Les cours du pétrole grimpent encore vendredi, après que les Gardiens de la Révolution iraniens, armée idéologique de la République islamique d’Iran, ont menacé d’étendre le conflit régional déclenché fin février, renchérissant la prime de risque sur le marché.
Vers 15H50 GMT, le cours du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial du brut, progressait de 3,53% à 117,16 dollars, au-delà de la barre de 115 dollars pour la première fois depuis début mai. Celui du baril de WTI nord-américain gagnait 3,58% à 103,03 dollars.