Les taux d’intérêt des obligations des Etats se stabilisent et les Bourses repartent de l’avant vendredi, au terme d’une semaine de soubresauts sur les marchés des dettes souveraines, tandis que le bitcoin poursuit sa flambée.
Vers 17H40, le rendement à échéance 30 ans des emprunts de l’Etat américain évoluait à 5,26%, contre 5,25% jeudi. A échéance 10 ans, il atteignait 4,73%, contre 4,71% la veille.
En Europe, les rendements temporisent aussi à des niveaux élevés vendredi. Le rendement à échéance dix ans allemand, référence sur le continent, était à 3,25%, au même niveau que la veille en clôture, un sommet depuis 2011.
Une respiration bienvenue, après la flambée des taux des derniers jours, sur fond de craintes inflationnistes, de doutes quant à la soutenabilité de la dette des Etats-Unis, et de la concurrence des géants de la tech, qui recourent aussi à l’emprunt pour financer l’IA.
Le marché a été temporairement soulagé jeudi, après l’annonce du Trésor américain d’un renforcement de ses rachats d’obligations à long terme, portés à 4 milliards de dollars au moins par opération contre 2 milliards auparavant.
Mais le soulagement «n’aura duré que moins d’une journée», résume Florian Ielpo analyste de Lombard Odier. Les taux sont repartis à la hausse, avant de se stabiliser à de hauts niveaux vendredi.
Les Bourses avancent
Dans ce contexte de relative accalmie, les Bourses repartent de l’avant. En Europe, Paris a pris 0,37%, Francfort 0,59% et Londres 0,64%. Milan est restée stable (+0,00%).
Zurich a clôturé sur un gain de 0,62%.
A New York, vers 17H40, le Dow Jones gagnait 0,87%, l’indice Nasdaq avançait de 0,68% et l’indice élargi S&P 500 prenait 0,65%.
Toutefois, pour Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote, «le récit du marché a changé».
Alors que de «solides bénéfices» poussaient les indices européens et américains à des niveaux records en début de semaine, les marchés sont désormais focalisés sur la hausse des «coûts d’emprunt, qui finira par peser sur les anticipations de bénéfices», ajoute-t-elle.
L’énergie chère
Sur les marchés pétroliers, les prix se stabilisent à de hauts niveaux alors que «les Etats-Unis se préparent à mettre en place de vastes mesures visant à isoler davantage l’économie iranienne», note Soojin Kim, analyste pour MUFG.
Vers 17H40, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole, prenait 0,11% à 93,88 dollars, et son équivalent américain, le WTI, cédait 0,44% à 86,45 dollars le baril.
Dans un long message sur son réseau Truth Social, Donald Trump a annoncé mercredi lancer contre Téhéran «l’opération économique la plus écrasante jamais entreprise», exigeant que cessent «contrebande de pétrole, échange de devises (et) transferts de liquidités».
Les Etats-Unis devraient détailler le dispositif lundi, «avec la possibilité de cibler non seulement l’Iran, mais également les pays et les institutions qui continuent de faire des affaires avec l’Iran», note Soojin Kim.
«Les tensions autour du détroit d’Ormuz restent également élevées, les Etats-Unis et l’Iran continuant de contester le contrôle de cette voie maritime, tandis que de nouvelles attaques contre des navires ont été signalées cette semaine», rappelle-t-elle.
Côté gaz naturel, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, restait perché à 66 euros le mégawattheure (+1,36%), peu après avoir touché un nouveau plus haut depuis mars.
Le bitcoin s’embrase
Le bitcoin s’embrase vendredi pour le troisième jour d’affilée, profitant du soutien de Donald Trump à un projet de loi destiné à développer et encadrer le secteur aux Etats-Unis.
La Maison Blanche a reçu mercredi des dirigeants d’entreprises liées aux actifs numériques, ravivant leurs espoirs autour d’un texte visant à encadrer le secteur aux Etats-Unis, le CLARITY Act, actuellement dans l’impasse au Sénat.
La plus capitalisée des devises numériques gagnait 6,77% vers 15H40 GMT à 77.582 dollars, peu après avoir touché un plus haut depuis mai.
Depuis mercredi, le bitcoin a bondi d’environ 20%. Depuis le début de l’année, il reste cependant en baisse de 13% environ.